Avec le retour de la belle saison, une partie de ma jungle a repris ses quartiers d’été au balcon. Je le fais depuis plusieurs années maintenant et mes plantes adorent. Si vous souhaitez tenter l’expérience, je vous guide pas à pas dans cette petite migration dans cet article.
Mais, maintenant qu’elles sont dehors, leur rythme de vie change. À nous de nous y adapter, notamment au niveau de l’arrosage au balcon.
Au sommaire dans cet article
ToggleCe qui change au balcon
Quand nous avons une plante depuis plusieurs mois ou années dans notre intérieur, nous y associons des habitudes dans leur entretien. Surtout si elles n’ont pas changé de place depuis un moment.
Par exemple, je sais qu’il faut que je remplisse l’oya du plus gros Spathiphyllum tous les deux jours en été, que mes Tillandsia prennent un bain chaque week-end ou encore que le Scindapsus pictus ‘Silvery Ann’ de la chambre préfère un arrosage tous les 3-4 jours pendant la belle saison.
Cependant, quand nous les installons dehors pour des vacances bien méritées, nous changeons totalement leur environnement. Pas la même lumière ni la même circulation de l’air ou encore la même variation des températures ! Or, tous ces éléments influencent la consommation d’eau qu’auront nos plantes et donc notre routine d’arrosage au balcon.
Vous mangez pareil lorsque vous êtes en vacances à l’autre bout de la planète ? Ben, c’est pareil pour nous
Une meilleure exposition
L’installation à l’extérieur se fait progressivement pour éviter les coups de soleil et les brûlures sur le feuillage. Mais que ce soit sur cette phase d’adaptation ou une fois arrivée à sa place définitive, une chose est sûre, notre plante reçoit beaucoup, beaucoup plus de lumière.
Entre sa résidence d’hiver derrière la vitre et celle d’été sous un arbre ou un parasol, une plante peut recevoir jusqu’à 4 fois plus de lumière. Ce qui a pour conséquence de faire carburer la photosynthèse réalisée dans les feuilles.
La photosynthèse, c’est la création d’énergie par la plante à partir du soleil, de l’eau et du dioxyde de carbone dans l’air. Donc, s’il y a plus de lumière, il va falloir plus d’eau que d’habitude à la plante pour suivre le rythme. Vous me suivez jusque-là ?
Des températures plus variables
En étant installées dehors, nos plantes sont aussi exposées à des températures très différentes qu’en intérieur.
Une plus grande variation thermique
Dans notre salon, nous avons des températures relativement stables. Par exemple, en été, je descends rarement en dessous de 20 °C et je monte jusqu’à 25-26 °C en cas de canicule, en me barricadant avant les grosses chaleurs. C’est une faible variation de température.
En revanche, sur mon balcon, les températures peuvent descendre à 15-16 °C la nuit, voire moins les mauvaises années. Dans la journée, les températures franchissent régulièrement les 28 °C et beaucoup plus en cas de canicule. C’est une amplitude thermique beaucoup plus importante qui fait varier les besoins en eau de nos plantes.
Des besoins qui varient selon la température
Pour faire simple, plus il fait chaud, plus les besoins en eau de nos plantes augmentent. Non seulement les besoins pour la photosynthèse sont plus importants, mais notre plante transpire plus : elle rejette de l’eau sous forme gazeuse qu’elle doit donc compenser en buvant plus souvent. Exactement comme nous.
Enfin, jusqu’à un certain point ! S’il fait trop chaud, moi, je me mets en stand-by et je ne bois plus rien du tout.
C’est le cas particulier des plantes. En cas de très fortes chaleurs (hello, canicules), les plantes ont la possibilité de fermer leurs stomates : les pores par lesquelles elles transpirent. En gros, elles coupent le système pour éviter la surchauffe.
Sauf que la transpiration, c’est le système qui pompe l’eau dans le sol via les racines. Donc, elles ne boivent plus du tout tant que les températures ne sont pas suffisamment redescendues.
Un nouveau paramètre : le vent
Qui dit plante à l’extérieur, dit plante exposée au vent. Quelque chose que nous n’avons pas dans nos intérieurs (normalement).
Si vous avez déjà affronté du vent toute la journée en été, vous savez que c’est à la fois un allié et un ennemi. Il nous rafraîchit, certes, mais il nous déshydrate aussi. Pour les plantes, c’est pareil. Lorsqu’elles sont soumises au vent, nos plantes transpirent plus que la normale. Elles consomment donc plus d’eau pour compenser.
On parle d’une petite brise, hein ? Parce que si c’est une tempête qui arrive, j’veux rentrer direct dans le salon !
Et oui, lorsque des vents violents, ou des vents chauds comme le sirocco qui remonte parfois jusque chez nous sont annoncés, il vaut mieux mettre nos plantes à l’abri ou les rentrer momentanément pour les protéger.
Ajuster l’arrosage au balcon
Sortir nos plantes au balcon, c’est les installer dans un climat beaucoup moins stable que dans le salon. Il est donc indispensable d’ajuster notre routine d’arrosage en conséquence.
Comment nous nous y prenons ? En observant nos plantes, au quotidien ou presque.
Quand arroser les plantes d’intérieur au balcon ?
L’arrosage d’une plante, que ce soit en intérieur ou au balcon, ça ne se lit pas sur un calendrier. Oubliez les recommandations sur les petites étiquettes ou dans les livres. En réalité, l’arrosage se fait à la demande d’une plante.
Si, si ! Je vous assure, les plantes sont tout à fait capables de vous indiquer lorsqu’elles ont soif. Il y a des signes discrets, généralement au niveau du sol.
Et des signes plus flagrants, surtout chez les plus dramatiques d’entre elles. Tâchons d’intervenir avant, si vous le voulez bien. Quand les plantes arrivent à ce stade, elles stressent, et c’est mauvais pour leur santé (et la nôtre).
Estimer le temps de séchage
Ma manière préférée pour savoir quand il est temps d’arroser mes plantes, c’est le test du sol. C’est un signe discret qui nous permet d’intervenir avant que la plante ne soit en pénurie d’eau.
En général, les plantes apprécient avoir une période “sèche” entre deux arrosages. L’importance du séchage dépend des plantes elles-mêmes, de leurs origines et besoins. Ce temps de séchage, je le mesure en “centimètres du sol sec”.
Je m’explique.
J’arrose les fougères, qui n’aiment pas sécher, lorsque la surface de leur sol est sèche. La Monstera deliciosa et ses cousines, les pothos préfèrent un arrosage lorsque le sol a séché sur quelques centimètres. Tandis que l’arbre de jade et le Beaucarnea préfèrent un arrosage après que le sol soit à moitié sec.
Ce sont des informations que l’on trouve parfois dans les livres, et que vous trouverez toujours dans les guides d’entretien et dans les sélections présentes sur ce site.
Deux méthodes pour estimer le séchage d’un pot
Le temps qu’il faut pour atteindre le “bon” niveau de séchage dépend des conditions météorologiques, de l’environnement, de la taille et de la croissance d’une plante, de son pot, de son sol… bref, de toute une collection de critères.
Mais estimer ce niveau de séchage ? C’est un jeu d’enfant !
Tester le sol
La méthode la plus simple, et ma préférée est de mesurer la sécheresse du sol avec son doigt, ou avec une baguette de bois comme une baguette chinoise.
On plante son doigt ou la baguette dans le sol, sur quelques centimètres avant de le ressortir doucement. La partie du doigt qui était dans le sol, mais qui ne ressort pas couvert de terre, correspond à la hauteur de sol sec dans le pot.
Difficile de faire plus simple ! Pas de chiffre, pas d’outil, pas d’excuse, juste un doigt et un peu de bon sens.
Soupeser nos pots
Plus un sol est sec, plus il est léger. Donc, en théorie, il est possible d’estimer l’avancée du séchage du sol en fonction de son poids. Ça demande effectivement un peu d’expérience.
Si vous débutez, il va falloir procéder à une phase d’apprentissage. Les premières fois, il faudra coupler la méthode du doigt et la pesée, pour enregistrer dans vos mains l’évolution du poids de vos pots.
Après ? Il suffira de soulever un pot pour savoir si oui ou non, il est temps d’arroser.
L’art d’arroser au balcon
L’arrosage au balcon n’est pas très différent de l’arrosage de nos plantes en intérieur. Le principe est exactement le même. Mais il y a quelques petites habitudes à prendre en plus
L’heure de l’arrosage
En intérieur, nous avons la possibilité d’arroser quand nous le voulons. Matin, soir, midi, minuit. Peu importe. En extérieur, il y a deux choses à prendre en compte : les températures et le soleil.
C’est surtout vrai en cas de grosses chaleurs. Comme nos plantes coupent leur système de pompage d’eau lorsqu’il fait trop chaud, il n’y a pas beaucoup d’intérêt à arroser à ce moment-là. Par ailleurs, si nous arrosons lorsqu’il fait très chaud, une partie de l’eau du sol va s’évaporer avant que les racines puissent la capter, ce qui est un peu du gaspillage.
Il vaut mieux préférer un arrosage en début ou en fin de journée. Les températures sont plus fraîches et nos plantes auront le temps de faire leurs réserves avant qu’il ne fasse trop chaud.
Je préfère le matin, comme une petite routine pour bien démarrer la journée, mais c’est une simple préférence personnelle.
Quelle quantité d’eau pour l’arrosage ?
Comme d’habitude, et peut-être même encore, l’arrosage doit être généreux. C’est-à-dire qu’il faut arroser jusqu’à ce que l’eau ressorte par les trous de drainage. Cela signifie, normalement, que l’intégralité de la motte a reçu suffisamment d’eau.
Une fois l’arrosage terminé, n’oubliez pas de vider les soucoupes et les cache-pots pour éviter de l’eau ne stagne. Même dehors, les racines peuvent mourir dans un sol trop longtemps gorgé d’eau.
Seule exception, les Colocasia et autres plantes originaires des bords de rivières. Quand les températures sont chaudes (plus de 18-20 °C), elles apprécient de passer l’été les pieds dans l’eau.
Dernière précaution : si vous utilisez de l’eau de pluie ou toute autre eau de récupération, vérifiez qu’elle n’a pas chauffé au soleil. Ça pourrait faire cuire les racines…
Et s’il pleut ?
Non, nous n’échappons à pas notre mission d’arrosage lorsqu’il pleut. Enfin, ça dépend un peu. La plupart des balcons sont protégés de la pluie par le balcon de l’étage du dessus, ce qui signifie que bien souvent, la pluie n’arrose pas nos plantes en pot.
Le plus simple est de toujours, toujours, vérifier le sol, qu’il ait plu ou pas. Vous verrez, dans la majeure partie des cas, il faudra tout de même arroser.
En revanche, si vos plantes ne sont pas protégées par une avancée de toit, vous devrez garder un œil pour l’effet inverse. En cas de grosses pluies annoncées, retirez les cache-pots et les soucoupes. Ça évitera que vos plantes se retrouvent dans une piscine pour un temps indéterminé.
Arroser au balcon est plus simple qu’on le pense
Sortir nos plantes d’intérieur au balcon ou au jardin, c’est un peu comme leur offrir des vacances à la plage. Elles profitent du soleil, mais il ne faut pas oublier de fournir les cocktails.
Plus sérieusement, leurs besoins en eau vont évoluer, le plus souvent augmenter. Notre routine d’arrosage au balcon doit s’adapter à ces changements, pour éviter toute catastrophe. Comme en intérieur, la manière la plus simple de savoir quand arroser nos plantes est de leur demander. En testant le sol, en soupesant le pot ou même en les observant, vous saurez quand intervenir au bon moment.
Si vous stressez à l’idée de sortir vos plantes, pas d’inquiétude. Le prochain article de cette série parlera de tous les gestes que vous pouvez faire protéger vos plantes préférées.
En attendant, je vous laisse choisir quelles plantes vont avoir droit à des vacances parmi votre jungle. Si vous avez un doute, je suis disponible dans les commentaires ou sur Instagram pour répondre à toutes vos questions.
Bon jardinage et profitons bien de nos plantes !
