La première fois que j’ai installé des plantes d’intérieur au balcon pendant la belle saison, j’étais assez inquiète. Elles me semblaient exposées au risque d’être attaquées par des ravageurs des plantes ! Ce qui, avec du recul, est assez ridicule. Bien sûr qu’elles sont exposées, mais pas plus que mes tomates et mes heuchères.
Est-ce qu’elles ont été attaquées ? Oui, et elles le sont encore cette année. Est-ce que je panique ? Plus maintenant. Je vous explique ici pourquoi et comment je n’ai jamais perdu une plante verte au balcon à cause d’un ravageur (sans utiliser le moindre produit chimique).
Au sommaire dans cet article
ToggleEst-ce que les attaques des ravageurs de plantes sont plus nombreuses au balcon ?
On peut facilement s’imaginer que les ravageurs de plantes sont plus susceptibles d’attaquer nos plantes d’intérieur lorsqu’elles sont installées sur le balcon que lorsqu’elles sont installées dans notre salon. C’est ce que j’imaginais aussi, la première année où j’ai tenté l’expérience.
Et après plusieurs années d’observation, je pense même que les plantes d’intérieur que j’ai sorti sont moins attaquées que celles qui restent à l’intérieur. Avec un petit bémol, ce ne sont pas forcément les mêmes ravageurs qui apparaissent entre les deux espaces.
Les ravageurs de plantes les plus communs au balcon
Je ne parle ici que de mon expérience personnelle. Nous vivons toutes et tous dans des régions différentes, avec des climats et de microclimats différents. Cela joue beaucoup sur les populations de ravageurs susceptibles de s’installer dans nos jungles.
Les pucerons
Le premier à apparaître, c’est le puceron vert. Celui-là, il arrive avant même qu’il soit l’heure de sortir mes plantes vertes. Ce ravageur aime bien les jeunes pousses bien tendres qu’il recouvre entièrement ! Je le retrouve surtout sur les feuilles des tubercules de printemps comme les crocus, les jeunes frondes de fougères et les premières pousses des Colocasia qui ont passé l’hiver dehors.
Pour être honnête, je le retrouve aussi à l’intérieur à la même période, fin d’hiver et début de printemps, surtout dans les Colocasia et les Alocasia. En été, ils traînent parfois sur les Caladium, mais ils se font rares en dehors de cette période bien précise.
Les cochenilles farineuses
Le second ravageur de plantes qui apparait sur mon balcon, c’est la cochenille farineuse. Celle-là, elle arrive chez moi peu après la sortie des plantes vertes au balcon et s’installe quasi exclusivement dans les Alocasia et la Hoya linearis. Avec son aspect de petits tas de duvets blancs, elle est facile à repérer.
En intérieur, j’ai une colonie récalcitrante dans mon Philodendron ‘Imperial Red’ qui n’en a rien à faire. Mais généralement, elles m’embêtent peu.
Les acariens ou araignées rouges
Le dernier ravageur de plantes abonné à mon balcon, ce sont les acariens. Un minuscule insecte qui tisse des toiles très fines et donne l’impression que les feuilles sont recouvertes de poussière. Ils arrivent avec la canicule (donc cette année, je suis servie !) et touchent presque exclusivement mes Colocasia et quelques feuilles de fraisiers.
C’est pas toi qui voulais un peu de compagnie sur ton balcon ? T’es jamais contente, hein…
Depuis toutes les années où j’ai cultivé des plantes tropicales, j’ai eu deux attaques d’acariens en intérieur. Une fois sur mon grand Ctenanthe setosa quand je suis arrivée dans mon appartement actuel, et une seconde sur des Colocasia qui hivernaient en intérieur. Pour eux, j’ai réglé la question en mettant tout le monde dehors.
Ce sont les principaux ravageurs de plantes qui touchent mes plantes vertes lorsqu’elles sont au balcon. Étonnamment, les thrips préfèrent l’intérieur et attaquer mes Anthurium et les Philodendron.
Reste de cochenille farineuse sur une Alocasia ‘Black zebrina’
Pucerons verts sur l’inflorescence d’un Caladium
Apparition d’acariens sur les feuilles des Colocasia ‘Pink China’ et ‘Madeira’
L’important, c’est pourquoi il y a des attaques de ravageurs dans nos plantes
Et oui, au-delà d’une éventuelle différence dans les espèces attaquant nos plantes ou la fréquence des attaques, le plus important est de comprendre pourquoi ces attaques ont lieu. Et vous savez quoi ? C’est en partie de notre faute.
Au moins, tu le reconnais. C’est déjà ça… Mais pas 100 % de ta faute non plus, n’exagérons rien
Souvent, les ravageurs de nos plantes vivent dans la nature. Capables de se déplacer, ils peuvent arriver sur notre balcon par leurs propres moyens ou par une aide extérieure : un coup de vent, une nouvelle plante, sur les plumes d’un oiseau. Dans le cas des pucerons, ils peuvent même être apportés volontairement par des fourmis !
Mais pour faire de sérieux dégâts, il faut deux conditions : des plantes affaiblies et une jardinière ou un jardinier qui ne repère pas l’attaque à ces débuts.
Dans les deux cas, nous avons notre rôle dans cette histoire.
Une plante affaiblie, c’est une plante qui ne reçoit pas les soins appropriés : pas assez de lumière, un arrosage pas adapté à ses besoins… La plante stresse de manière chronique, s’épuise à essayer de faire face. Et comme nous, le système de défense s’affaiblit avec la fatigue. Les ravageurs en profitent alors pour attaquer la plante de toutes parts, la fatiguant d’autant plus et pouvant conduire, avec le temps, à l’irréparable.
Au-delà de notre mission de prendre soin de nos plantes dans la mesure du possible (nous avons tous des imprévus dans la vie), nous avons aussi un rôle de vigie à jouer. En observant régulièrement nos plantes, une habitude que je vous conseille de prendre rapidement, nous avons la possibilité de découvrir la présence de ravageurs au tout début d’une attaque. Ce qui nous permet d’agir, si besoin, avant qu’il n’y ait des dégâts.
Pourquoi je n'interviens pas (ou presque) en cas d’attaque de ravageurs de plantes sur le balcon ?
Si j’ai un peu (beaucoup) paniqué lors des premières attaques de ravageurs, que ce soit en intérieur ou au balcon, je suis aujourd’hui beaucoup plus détendue quand cela arrive dehors. À vrai dire, j’interviens même très peu en cas d’attaque de ravageurs dans mes plantes vertes.
Laisser faire la nature
J’aménage mon balcon depuis plusieurs années, avec deux idées en tête : une jungle au moins pendant toute la belle saison et un havre de paix pour les butineurs. Et oui, j’adore récolter des tomates ou des fraises dans mes jardinières, mais pour cela, il me faut le soutien des abeilles, des bourdons… et toute la petite faune qui vient avec.
Certains invités sont un peu désagréables (mesdames les araignées, merci de rester dehors et de ne pas venir vous installer dans mes Philodendron ou mes fougères), mais d’autres sont carrément les bienvenues, en particulier les coccinelles et les chrysopes. Pourquoi ? Parce qu’elles sont redoutables contre les ravageurs des plantes qui font partie de leur menu ! C’est le principe de la lutte biologique.
Donc, je m’abstiens de tout traitement sur le balcon, qu’il soit chimique ou même avec ma potion magique. Je mélange de nombreuses espèces de plantes, exotiques ou non. Et je fais la part belle aux fleurs, même si j’ai toujours préféré les feuillages. L’un n’empêche pas l’autre d’ailleurs, il y a beaucoup de plantes vendues pour leur feuillage qui fleurissent et plaisent aux insectes bénéfiques. J’essaie simplement d’avoir toujours des floraisons sur toute la saison.
Bien sûr, les choses sont un peu différentes en intérieur. Il est difficile de conserver un habitat intéressant pour les insectes alliés quand notre salon ne leur offre pas un climat qui leur correspond. C’est pourquoi je suis toujours un peu plus attentive avec ma jungle d’intérieur.
Vraiment ? Alors pourquoi je viens de voir passer deux thrips sur les feuilles de ma voisine ?
Intervenir ponctuellement et uniquement si nécessaire
J’interviens très peu en cas d’attaque de ravageurs sur les plantes du balcon. Généralement, je laisse faire la petite armée d’insectes qui s’est naturellement installée chez moi avec les années.
Mais il y a deux cas particuliers où je retrousse mes manches (ou presque).
En cas d’attaques-éclair d’acariens
Ça arrive parfois sur mes Colocasia, en cas de canicule. En 24 à 48h, les feuilles sont intégralement colonisées, avant que mes alliés ne puissent faire quoi que ce soit. Dans ce cas, je coupe toutes les feuilles touchées.
C’est juste pour éviter que ça se propage sur les Colocasia encore sains. Je ne suis pas inquiète pour eux, ils vont vite redémarrer. Les chrysopes prendront le relai sur les nouvelles feuilles. Mission accomplie.
💡 Ne jetez jamais les feuilles attaquées dans votre composteur ! Il y a de fortes chances que le compost soit par la suite contaminé et vous risquez de ramener des ravageurs dans vos plantes lors du prochain rempotage…
En cas d’attaque précoce
Parfois, les ravageurs de plante apparaissent avant que leurs prédateurs ne sortent de leur repos hivernal. Avec le changement climatique, il y a un décalage entre le réveil des ravageurs et celui de leurs prédateurs. Malheureusement, ce n’est pas vraiment en faveur de nos protégées : j’ai déjà retrouvé des pucerons dans les fraisiers en décembre/janvier…
Dans ce cas-là et si les températures le permettent, j’adopte des prédateurs d’élevage (en boutiques en ligne spécialisées) et je fais un lâché sur le balcon. Je ne suis pas trop inquiète, puisqu’il s’agit d’insectes naturellement présents dans nos écosystèmes. Aucun risque de bousculer l’équilibre, au contraire.
Les larves de chrysopes sont toutes petites mais redoutables, sur le balcon comme en intérieur
Si le balcon est accueillant, les coccinelles reviennent tous les ans.
Vivre avec les ravageurs de plantes
Mon balcon n’est jamais à 100% sans ravageur, et c’est très bien comme ça. Je ne suis pas en train de courir après la plante parfaite (demandez aux IA pour ça…), mais plutôt une jungle qui peut se développer pleinement sans me demander une attention constante. Parce que je veux pouvoir en profiter, une tasse de thé à la main, pas devenir son esclave.
Pour ça, je me repose sur le principe de l’écosystème, c’est-à-dire d’un équilibre. Donc oui, il y aura toujours quelques ravageurs de plantes sur mon balcon. D’abord parce qu’ils arrivent tout seuls, donc je suis bien en peine de mettre un contrôle des douanes. Ensuite, parce qu’il faudrait tout traiter ou nettoyer au quotidien et ce n’est pas ma vision du jardinage.
Quelques pucerons ou cochenilles dans un coin ne sont pas un drame. Tant que la population est sous contrôle, nos plantes s’en sortent très bien. Et ça permet de garder une population minimum d’insectes alliés aussi sur place. Histoire d’avoir un système de défense en cas d’attaque plus virulente.
Quid des pesticides ?
C’est une question sensible, surtout en ce moment. Je suis, par principe, contre les pesticides. La raison est simple. Un pesticide est un poison qui ne sait pas faire la différence entre sa cible (disons les pucerons) et tout le reste de la faune, nous y compris.
Parce que je refuse de m’empoisonner, je préfère miser sur l’équilibre d’un écosystème, quitte à l’aider un peu au début, le temps que tout se mette en place. Mais cette notion d’équilibre peut être difficile à comprendre à cette échelle.
Prenons un exemple plus parlant et devenu célèbre pour mieux comprendre.
Vous connaissez le parc de Yellowstone aux États-Unis d’Amérique ? Il y a quelques décennies, les loups ont été réintroduits dans ce parc national. En quelques années, tout l’écosystème s’est rééquilibré. Les loups ont régulé la population des wapitis, permettant à la végétation de grandir et de se diversifier et laissant ainsi la place à d’autres espèces animales et végétales. Aujourd’hui, tout le monde y vit sans épuiser les ressources de l’écosystème.
Les pucerons et autres ravageurs des plantes ? Ce sont les wapitis. Et les loups, ce sont mes coccinelles et chrysopes. Donc, tant que j’ai les deux populations sur le balcon, elles vont s’équilibrer et mes plantes vont sacrifier une ou deux feuilles par saison. Ce n’est pas cher payé pour un balcon heureux sans prise de tête, si ?
N’ayez pas peur des ravageurs des plantes vertes
Quand on collectionne les plantes, la présence de ravageurs est toujours une crainte. Il faut dire qu’ils peuvent faire de sérieux dégâts dans nos jungles. Ceci dit, au balcon, je suis généralement sereine. Non pas parce qu’il n’y a pas d’attaque de ravageurs, mais parce que j’ai toute une petite armée qui y vit aussi et protège mes plantes : des insectes alliés dont mes préférées restent la coccinelle et la chrysope.
Une fois mes plantes au balcon, j’observe sans paniquer. Il y aura toujours un ou deux pucerons, mais tant que ce n’est pas sérieux, je ne m’inquiète pas. S’il y a une véritable attaque, je surveille pour savoir si mes alliés ont besoin d’un coup de main ou pas. Et surtout, je me pose les bonnes questions : pourquoi ma plante est-elle fragilisée ? Que faut-il changer dans ma manière de la chouchouter ? Parce que c’est ça, la racine du problème.
J’espère que mes expériences vous rassurent un peu face aux attaques des ravageurs de plantes. Au balcon, l’aide pour les protéger n’est jamais très loin et les conséquences sont, en tout cas chez moi, moins importantes qu’en intérieur.
Si vous avez encore des questions ou que vous voulez partager vos expériences (j’adore lire vos aventures !), vous êtes les bienvenues dans les commentaires ou dans mes DM sur Instagram.
Bon jardinage et profitons bien de nos plantes !
