La cochenille farineuse femelle est la plus simple à observer

Cochenille farineuse : la reconnaître et la traiter en intérieur

Un matin, en observant mes plantes d’intérieur, je repère une touffe de duvet blanc sur une feuille. Je veux la dégager du bout des doigts, mais elle reste fixée à la feuille. Pire, j’ai les doigts collants. Alors, je me rapproche, intriguée. Et là, je vois que le petit tas de duvet blanc bouge ! Il a des antennes, des pattes et se déplace le long de la feuille. Alerte ! Ceci est une cochenille farineuse !

Ma première rencontre avec une cochenille farineuse dans ma jungle n’a pas été de tout repos. Il faut dire que j’en ai des souvenirs d’enfance, où elles ont détruit de grands Cycas sans que mon père ne puisse rien faire. En réalité, en appartement, il est tout à fait possible de la contrôler.

Si nous observons régulièrement nos plantes d’intérieur – une habitude que je vous recommande de développer dès le début de votre aventure végétale – une attaque de cochenilles farineuses ne passera pas inaperçue.

Faut dire que ce n’est pas la bestiole la plus discrète de la planète malgré sa petite taille.

Une créature (presque) facile à reconnaître

Il existe des centaines d’espèces de cochenilles dans le monde, mais les cochenilles farineuses qui attaquent nos jungles urbaines sont très souvent des Planococcus citri ou des Pseudococcus longispinus. Les différencier demande d’être un spécialiste. Comme cela ne change pas la manière dont elles attaquent nos jungles ou comment nous pouvons lutter contre elles, donc pas d’inquiétude sur ce point. 

Généralement, ce qui nous met la puce à l’oreille, c’est la femelle adulte. C’est elle qui est blanche, un peu poudreuse d’apparence, d’où son nom de cochenille farineuse. Elle se déplace lentement et est accompagnée d’un fin duvet blanc à poil court.

En réalité, ce duvet sert à protéger l’ovisac, c’est-à-dire la poche d’œufs que les femelles déposent sur les feuilles.

Nous repérons rarement le mâle, qui ressemble à un petit moucheron noir. C’est le seul à posséder des ailes chez cet insecte. Les larves ressemblent un peu à la femelle. Plus petites et de couleur claire, ce sont elles qui ont la meilleure capacité de déplacement qui se promène de plante en plante.

Il va falloir réagir vite, sinon, vous allez courir dans toute votre jungle pendant des semaines !

Insecte piqueur et suceur de sève

Les cochenilles farineuses sont des insectes piqueurs-suceurs. Ils piquent les plantes, généralement au niveau des nervures, pour sucer la sève élaborée. C’est la sève qui, enrichie dans les feuilles par la photosynthèse, redescend dans la plante pour la nourrir. 

C’est pour cela que nous retrouvons très souvent les cochenilles le long des nervures, dessus ou en dessous des feuilles, mais aussi dans les jeunes feuilles en train de se dérouler ou sur les tiges. 

Mais leurs attaques a d’autres conséquences visibles, qui permettent de les repérer. Les feuilles attaquées jaunissent rapidement. Les jeunes feuilles sont déformées, voire meurent avant même de se déployer complètement. Les surfaces sous les feuilles attaquées deviennent progressivement collantes avec le miellat produit par les cochenilles. 

Ces symptômes ne sont pas ceux que vous retrouvez sur votre plante d’intérieur ? Dans ce cas, rendez-vous sur cet article pour déterminer l’insecte en train d’attaquer votre jungle.

La cochenille farineuse femelle est la plus simple à observer

La cochenille farineuse femelle est la plus simple à observer

Les cochenilles farineuses s'installent le plus souvent le long des nervures.

Les cochenilles farineuses s’installent le plus souvent le long des nervures.

Comment lutter contre la cochenille farineuse ?

Il y a plusieurs manières de lutter contre la cochenille farineuse. Ici, je ne vous parlerai pas d’insecticide ou autres produits de ce genre, simplement parce que je n’en utilise pas. Les impacts sur les écosystèmes et sur la santé des êtres vivants, y compris celles des jardiniers et jardinières, nos familles et nos animaux de compagnie sont trop néfastes pour que je les utilise sereinement. 

Mais je suis loin d’être dépourvue de solutions. Idéalement, il faudrait commencer par mettre les plantes attaquées en quarantaine, c’est-à-dire les isoler totalement de notre jungle pour éviter les contaminations. Je n’ai pas la possibilité de faire ceci, par manque de place. Et je ne suis pas la seule dans ce cas, pas d’inquiétude. 

Il faudra donc être encore plus assidu-e dans la mise en place des traitements et ne pas hésiter à l’étendre à toutes les plantes alentour pour limiter la progression de la cochenille dans le reste de notre collection. 

Voici les deux traitements que j’utilise régulièrement pour contrôler les cochenilles farineuses dans mes plantes d’intérieur.

En début d’attaque

Quand il s’agit d’un début d’attaque, c’est-à-dire que vous repérez quelques cochenilles uniquement, j’interviens avec une potion magique

Dans un pulvérisateur, je mélange 50 % d’eau tiède, 50 % d’alcool à désinfecter (pur !) et quelques gouttes de savon de Castille ou de savon noir horticole. Je pulvérise sur les cochenilles visibles, voire généralement sur toute la plante, revers des feuilles compris, pour être tranquille, puis je laisse poser une quinzaine de minutes.

C’est pas un spa, c’est une déclaration de guerre !

L’alcool tue les cochenilles farineuses à la vitesse de l’éclair. L’eau est là pour diluer l’alcool et protéger les feuilles des brûlures de l’alcool, en particulier les feuilles très fines ou fragiles. Le savon de Castille garde l’ensemble bien mélangé et participe au nettoyage des feuilles. Il a aussi une action d’étouffement sur les cochenilles.

Après quinze minutes, je nettoie la plante avec un chiffon, un coton-tige pour les recoins inaccessibles et je termine avec une bonne douche. Notre objectif est de supprimer tous les cochenilles et ovisacs visibles. 

Je renouvelle le traitement deux fois par semaine pendant quinze jours, puis une fois par semaine sur les deux semaines suivantes. L’idée est d’attraper tous les larves et œufs qui auraient échappé au premier traitement et de briser définitivement le cycle de vie de la cochenille.

En cas d’attaques fortes

Une attaque forte, c’est quand notre plante est couverte de cochenilles farineuses ou que celles-ci se sont réparties dans une partie non négligeable de notre collection. À ce moment-là, je dégaine une véritable armée : la lutte biologique.

On l’appelle aussi la lutte intégrée. Elle repose sur l’utilisation d’insectes bénéfiques. Leurs intérêts ? Ce sont des prédateurs de la cochenille farineuse et ils vont faire un festin de nos envahisseurs. 

Avengers … Ahem Chrysopes ! Garde à vous ! Il est temps de nettoyer cette jungle.

Pour la cochenille farineuse, en intérieur, je préfère utiliser les larves de chrysopes. Elles font la longueur de l’ongle de mon petit doigt et peuvent engloutir des dizaines de larves et cochenilles dans la journée. Les adultes, ailés, ressortent de nos intérieurs puisqu’elles se nourrissent de nectar de fleurs. 

Les larves de coccinelle sont aussi très efficaces, mais je les trouve délicates à utiliser en intérieur. En revanche, sur le balcon, elles sont radicales ! J’en ai trouvé d’ailleurs toute une colonie ce soir en arrosant. Elles dorment dans les ombelles du persil. Elles mangent de tout et j’espère qu’elles vont aller nettoyer l’Hoya linearis au-dessus de leur tête qui est toujours la proie des cochenilles en fin d’hiver.

Attaque de cochenilles farineuses sur un Philodendron 'Imperial Red'

Le spray à l’alcool est une solution efficace si elle est répétée régulièrement

Larve de coccinelle dans une ombelle de persil

Les larves de coccinelle sont de redoutables alliées pour lutter contre les ravageurs

Comment éviter une attaque de cochenilles farineuses ?

Parce que soigner une attaque de cochenilles farineuses, c’est bien. Mais l’éviter, c’est encore mieux !

Entretenir correctement nos plantes d’intérieur

La cochenille farineuse, comme la plupart des ravageurs, s’attaque principalement aux plantes fragilisées. Cela correspond principalement aux plantes stressées par un entretien mal adapté depuis un moment : pas assez de lumière, manque d’arrosage chronique… Elles sont alors sans défense contre les ravageurs. 

S’assurer que nos plantes reçoivent l’entretien dont elles ont besoin est le meilleur moyen de limiter les attaques de cochenilles farineuses. Et si une de nos plantes en est victime, il faudra s’interroger et rectifier son entretien pour mettre toutes les chances de son côté.

Observer, nettoyer et nettoyer encore

La seconde chose à faire est d’observer régulièrement nos plantes d’intérieur pour repérer les intrus dès leurs arrivées. Pas trois fois par jour, n’exagérons pas. Mais quelques fois par semaine seraient idéales. Faites-en une routine ! Observer un bout de ma jungle avec ma première tasse de thé du matin est devenu un rituel indispensable pour bien commencer ma journée. 

Nettoyer régulièrement nos plantes vertes est tout aussi important. En nettoyant, on supprime les éclaireurs de l’envahisseur que nous ne voyons pas forcément. Bonus, nous supprimons aussi la poussière sur les feuilles. Non seulement nos plantes vertes sont plus belles, brillantes, mais elles peuvent faire de la photosynthèse au mieux de leurs capacités. 

Enfin, et ça peut surprendre certain-e-s d’entre vous, nettoyons tout élément végétal qui rentre chez nous. Les nouvelles plantes bien sûr, surtout si nous n’avons pas la possibilité de les mettre en quarantaine. Mais aussi les fruits et légumes. J’ai déjà retrouvé de la cochenille farineuse dans les bananes ou des pucerons dans les salades. C’est normal, mais c‘est aussi un risque pour nos jungles.

Paré-e à lutter contre la cochenille farineuse ?

La cochenille farineuse et probablement l’un des ravageurs les plus courants dans nos jungles d’intérieur avec les pucerons et les thrips. C’est aussi l’un des plus faciles à repérer sur nos plantes vertes avec leur couleur blanche.

Une observation et un nettoyage réguliers et des soins adaptés limitent le risque d’une invasion. En cas d’attaque, le traitement doit être appliqué dès les premiers signes et de manières régulièrement pendant plusieurs semaines afin de s’assurer l’élimination de toutes les cochenilles farineuses.

Si vous avez des questions au sujet de la cochenille farineuse ou de tout autre ravageur, n’hésitez pas à me laisser un commentaire ou à me contacter directement sur Instagram. Nous verrons ensemble quelle solution sera la plus adaptée pour vous.

J’espère que cet article vous permettra de ramener un peu de tranquillité dans votre jungle.

Bon jardinage et profitons bien de nos plantes !

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