Maintenant que les jonquilles et les pruniers sont en fleurs, le printemps est officiellement arrivé. Nous avons survécu à l’hiver ! Mais nos balcons font un peu grise mine. Personnellement, j’ai tendance à le délaisser pendant la mauvaise saison, en assurant juste le minimum syndical. Voir mes pots vides parce que mes plantes sont en dormance me démoralise.
Maintenant que les petites pousses sont présentes partout, je n’ai qu’une envie : mettre les mains dans la terre ! Mais il y a une étape à franchir avant de planter et rempoter : le grand ménage de printemps. J’espère que vous êtes plein-e d’énergie, parce que nous avons du travail devant nous.
Au sommaire dans cet article
Toggle1. Finir les tailles d’hiver
La première chose que je fais, lorsque je lance mon grand ménage de printemps, c’est la taille. Certains taillent à l’automne, d’autres pendant l’hiver. J’ai tendance à attendre l’arrivée du printemps et dégainer mes sécateurs quand les nouvelles pousses arrivent.
Taille de nettoyage
Qu’est-ce que je taille ? Tout le bois mort, comme les parties de la clématite au-dessus des bourgeons en train de se déployer, mais aussi les frondes et feuilles mortes des fougères, Canna et Alpinia qui ont passé l’hiver dehors. J’en profite aussi pour nettoyer les graminées.
Attention, toutes les graminées ne se taillent pas ! Les Carex, les fétuques (Festuca) et les Stipa se nettoient en les “peignant” : il suffit de passer ses doigts dans les feuilles et de tirer délicatement. Les feuilles mortes se détachent toutes seules. Si vous les taillez, elles vont mettre des années à retrouver leur taille d’origine, au contraire d’autres espèces comme les Pennisetum ou l’Imperata, qui se renouvellent totalement d’une année à l’autre.
Taille de formation
J’en profite aussi pour faire les tailles de formation, ce qui correspond à tailler un arbuste (ou un arbre) pour lui donner une jolie forme.
Chez moi, cela concerne le thym, le romarin et les lavandes. Je les taille en mars/avril, après les floraisons pour les deux plantes aromatiques. Toute la végétation coupée est conservée et finit directement dans ma cuisine.
Les Carex font partie des graminées qu’il vaut mieux éviter de tailler
Pour la taille de formation du romarin, mieux vaut attendre la fin de la floraison.
2. Nettoyer les pots et jardinières
Étape suivante, un bon ménage des pots et des jardinières. Je ne parle pas des pots vides, dont je me suis généralement occupée pendant l’hiver. Mais beaucoup de mes plantes vivaces s’endorment l’hiver et disparaissent totalement. Il s’agit donc de retirer les feuillages morts au sol, pour dégager l’espace pour les nouvelles pousses.
Deux solutions s’offrent alors à nous : tout jeter (dans un composteur si c’est possible) ou s’en servir comme paillage. Dans ce cas, je prends le temps de couper feuilles et tiges sèches en petits morceaux pour faciliter leur dégradation dans les semaines et mois qui viennent. Elles deviendront des nutriments pour les plantes, exactement comme dans la nature.
J’en profite aussi pour retirer les plantes que je n’ai pas l’intention de garder : un radis d’automne oublié qui a utilisé sa (délicieuse) racine pour tenir l’hiver, mais abrite désormais une colonie de pucerons, une bourrache qui a fini par perdre la bataille de l’hiver après avoir fleuri jusqu’en janvier, le persil de l’année dernière, puisqu’il ne produit que des fleurs et des graines la seconde année…
3. Préparer les bacs potagers
Une partie de mes bacs, ceux qui sont (presque) vides en ce moment, sont mes bacs potagers. Avril, c’est le bon moment pour faire un peu le ménage avant de les remettre en route.
Nettoyer ou remettre en place le système d’arrosage
Je commence par un nettoyage du système d’arrosage. Certains de mes bacs potagers sont équipés d’oyas enterrées. L’oya, c’est un système d’arrosage ancestral, revenu sur le devant de la scène depuis une petite dizaine d’années. C’est un réservoir d’eau en terre cuite. Ce matériau poreux permet de laisser l’eau sortir par capillarité et d’assurer un arrosage continu (tant que le réservoir est rempli) sur un volume de terre proche plus ou moins important.
Il existe des oyas à enterrer et des oyas à planter, dont une partie du réservoir est donc à l’air libre. C’est devenu un incontournable pour faire des économies d’eau lors de l’arrosage, au balcon comme en intérieur.
Comme je n’ai pas d’hivers particulièrement rudes, je laisse mes oyas enterrées en place l’hiver, en prenant soin de ne pas y mettre d’eau. Au retour du printemps, je vérifie qu’il n’y a pas eu d’accident (oya fendu par le froid) et que les limaces n’y ont pas élu domicile pour passer l’hiver. J’ai l’intention de manger mes futures salades, pas de les leur laisser !
Si vous avez retiré votre système d’arrosage pour le protéger du froid, c’est le bon moment pour le réinstaller. Attention, ça ne veut pas dire qu’il va forcément falloir le remettre en route. Il reste des risques de coup de froid. Mais je trouve plus simple de l’installer avant de planter.
Apporter de la matière organique fraîche
Ensuite, j’apporte une belle dose de compost que je mélange au terreau existant. Cela peut être du terreau frais si vous ne trouvez pas de compost. Je ne mélange pas tout le pot, juste la partie supérieure du substrat, celle qui est la plus utilisée par la succession de cultures. Je rajoute aussi une poignée de Bactériosol, un mélange de champignons et bactéries bénéfiques pour renforcer la vie du sol.
Et voilà, mes bacs potagers sont prêts pour accueillir les premiers semis de la saison : radis, carottes, salades… Par contre, pour les tomates et concombres, patientons encore un peu et gardons-les au chaud. Il fait encore trop froid pour eux.
Dégager les nouvelles pousses est probablement ce que je préfère faire à cette période de l’année !
Supprimer le vieux persil, nettoyer l’oya et apporter du compost : les gestes indispensables avant de lancer mes premiers semis de l’année
4. Planter les derniers arbustes et les vivaces
Le début du printemps est une période favorable pour les plantations, notamment celles des arbustes et des vivaces. Elles auront quelques semaines pour s’installer avant que les grosses chaleurs de l’été n’arrivent. Pourquoi croyez-vous que les salons et fêtes des plantes se tiennent en cette saison ?
J’ai des plantations de prévues cette année. D’abord quelques vivaces que j’ai rassemblées au cours de l’automne/hiver, mais que je n’ai pas encore eu le temps d’installer correctement. Puis celles que j’ai l’intention d’adopter pendant les salons des mois à venir.
Mon plus grand bac potager est vide. Mes framboisiers ont grillé l’année dernière, bien que je ne sache pas vraiment pourquoi. Comme je suis têtue (et que j’adore ça), je vais y remettre des framboises, mais avec des oyas cette fois-ci. Ça sera peut-être mieux pour eux. Peut-être une clématite ou une passiflore le long de la rambarde ? J’hésite encore.
Si vous êtes adeptes des jardinières de saison, c’est le moment de les faire. Les jardineries débordent à nouveau de jolies plantes fleuries, prêtes pour égayer nos balcons jusqu’à la fin de l’été. Gardez simplement à l’esprit que toutes les plantes d’un même pot doivent avoir les mêmes besoins (exposition et arrosage) pour pouvoir cohabiter correctement.
5. Ajuster l’entretien au quotidien
Tout le monde a trouvé une place dans un pot ? Parfait, un bon coup de balai et normalement, notre balcon est prêt pour la belle saison. Mais attention, qui dit reprise de la végétation, dit aussi ajustement de l’entretien.
Des arrosages plus fréquents si les plantes le demandent
Pendant l’hiver, la dormance de nos plantes nous a conduit à des arrosages très espacés. Avec le retour de la lumière et de la chaleur, nos plantes ont repris leur croissance et consomment naturellement plus d’eau.
Il va donc falloir augmenter la fréquence d’arrosage, mais pas n’importe comment. Comme pour nos plantes d’intérieur, prenons le temps d’observer nos plantes et leur sol avant d’intervenir. Les températures sont aussi à surveiller, pour éviter d’arroser si un coup de gel est prévu.
Remettre l’engrais au menu
Une plante qui pousse, c’est aussi une plante qui mange. Il est donc temps de remettre de l’engrais au menu de nos plantes. Attention cependant au surdosage ! Si vous venez de rempoter ou d’apporter du compost, le premier apport d’engrais se fera 6 à 8 semaines plus tard.
Je privilégie les engrais liquides, que je trouve plus faciles à ajuster, avec une fréquence d’apport divisée par deux jusqu’en mai, avant de reprendre mon rythme habituel. Mais choisissez le format qui correspond à vos préférences. Ma seule recommandation est de respecter les dosages du fabricant.
Guetter les ravageurs
Enfin, gardez l’œil ouvert sur les ravageurs. Ils font généralement leur come-back au début du printemps, surtout les pucerons. Si l’attaque est à ses débuts, un nettoyage manuel devrait suffire. Mais si c’est déjà une invasion, tournez-vous plutôt vers la lutte biologique (l’utilisation d’auxiliaires de culture).
Avec le retrour des feuilles, les besoins en eau des plantes augmente fortement
Les nouvelles pousses de la clématite sont une des proies préférées des pucerons
Prêt-e pour ce grand ménage de printemps ?
Le retour du printemps au balcon, c’est toujours un moment que j’attends avec impatience. Le soleil, la floraison des bulbes, les premières feuilles des plantes qui avaient disparu depuis des mois… Ce sont les premiers signes du retour de ma jungle extérieure !
Ce sont aussi les signes que le repos hivernal est terminé. Ce grand ménage de printemps peut demander pas mal d’énergie si votre balcon est grand ou commence à être bien rempli. Mais c’est tellement satisfaisant de retrouver un espace vivant, fleuri, généreux.
Tailler, nettoyer, rempoter, arroser… Ces quelques gestes suffisent pour remettre notre balcon en état. Et vous verrez, ça donne une sacrée dose de motivation pour les semaines à venir. Il ne vous reste plus qu’à enfiler vos gants, attraper vos outils… et savourer ce moment !
Bon jardinage et profitez bien de vos plantes !
