Quand arroser nos plantes d’intérieur ?

“Et comment je l’arrose ?” Est peut-être la question que j’entends le plus quand je promène dans une jardinerie ou sur les réseaux sociaux. À raison, puisque l’arrosage est différent pour chaque plante d’intérieur. Pourtant, difficile de vous donner un calendrier précis. Les besoins en eau de nos plantes d’intérieur varient selon l’endroit où elles sont installées, la saison, leurs pots, leur santé… Alors, comment savoir quand arroser nos plantes d’intérieur ? En les observant bien sûr ! Suivez le guide-jardinier, je vous explique comment savoir, à coup sûr, quand vos plantes ont soif.

Un oya - système d'arrosage en terre cuite - ruisselant d'eau, au pied d'une capillaire.

Les variables de l’arrosage en intérieur

Les caractéristiques de nos plantes d’intérieur

Chaque plante d’intérieur vient d’un milieu bien particulier. En réponse, elle a développé des besoins caractéristiques. Pour que nos plantes prospèrent chez nous, il est nécessaire de leur offrir des conditions adaptées, notamment en termes de lumière ou d’arrosage.

La première étape est donc de prendre le temps de connaître notre plante. Son espèce et ses besoins généraux bien sûr. Mais aussi ses besoins bien à elle. Toutes les plantes sont différentes, même dans une même espèce ou une même variété. Par exemple, j’ai deux Spathiphyllum wallisii, la même espèce donc. Pourtant, l’un des deux boit beaucoup que l’autre, sans raison logique.

Lorsqu'il a soif, le Spathiphyllum a les feuilles pendantes. Un bon indice pour savoir quand arroser cetteplante d'intérieur

Mon Spathiphyllum wallisii le plus âgé est, étonnamment, celui qui boit le plus. Au-delà des besoins caractéristiques de son espèce, chaque plante a un comportement différent. Il est indispensable de bien l’observer pour apprendre à la connaître.

L’état de croissance et de santé de notre plante influence aussi ses besoins en eau. Une petite plante, par exemple, aura besoin de moins d’eau qu’une grande plante, mais plus souvent. Par ailleurs, une plante stressée (maladie, rempotage) réduit généralement son fonctionnement interne. Elle aura donc besoin de moins d’eau, le temps de se remettre de ses émotions.

Les conditions de culture de nos plantes d’intérieur

La lumière

La lumière joue un rôle important dans le fonctionnement et la croissance de nos plantes. Plus elles reçoivent de lumière, plus elles peuvent faire de photosynthèse, et donc faire de nouvelles feuilles et grandir. À condition qu’elles aient assez d’eau, un des ingrédients indispensables à cette formule magique. C’est pour cela que nous arrosons plus souvent en été. 

A contrario, lorsqu’il y a peu de lumière, comme en hiver ou lorsque le temps est couvert, l’activité photosynthétique de nos plantes est réduite, elles consomment moins d’eau. Il faut donc ralentir nos arrosages en conséquence.

La température

Nos plantes se servent de l’eau pour réguler leur température interne via la transpiration, exactement comme nous. Quand il fait chaud, elles transpirent plus, et donc pompent plus d’eau dans le sol par les racines. Encore une raison pour laquelle nous devons arroser nos plantes d’intérieur plus régulièrement en été qu’en hiver. 

Cas particulier : la canicule

Quand il fait trop chaud en revanche, la plante enclenche un mécanisme de protection pour garder le maximum d’eau dans ses cellules. Pour cela, elle ferme ses stomates, des petits pores – des trous microscopiques, comme ceux de notre peau – présents surtout à l’arrière des feuilles. Ils assurent normalement les échanges gazeux entre l’air et la plante. Lorsqu’ils sont fermés, la plante ne peut plus transpirer. Elle garde donc l’eau dans ses tissus, pour lutter contre la déshydratation. 

Mais, en contrepartie, l’eau ne circule plus dans la plante. Rappelez-vous, les plantes n’ont pas de cœur, de pompe, pour assurer la circulation de la sève dans les tiges. C’est la transpiration qui s’en charge. Lorsqu’elle stoppe, nos plantes perdent une partie de leur rigidité. C’est assez classique chez certaines fougères (ou sur les tomates) : elles sont toutes molles, un peu comme une salade oubliée au soleil.

Pour être honnête, c’est effrayant la première fois que ça nous arrive. Nous avons vraiment l’impression que la plante est en train de mourir. Mais le réflexe de l’arroser est la pire chose à lui faire. Elle ne peut pas boire, puisque ses stomates sont fermés. L’arroser reviendrait à noyer ses racines ! Non, patientons un peu, jusqu’à la baisse des températures pendant la nuit. Les stomates vont se rouvrir, l’eau va circuler de nouveau dans notre plante et hop ! Au petit matin, elle aura repris un port normal. Si ce n’est pas le cas, alors oui, elle a soif. Arrosons-la tant que les températures sont encore raisonnables, pour qu’elle ait le temps de boire avant le retour des grosses chaleurs.

L’humidité ambiante

L’air sec et le vent ont tendance à accélérer la déshydratation de nos plantes en augmentant leur transpiration. N’oublions pas, la plupart de nos protégées sont issues de milieux humides. Elles compensent la sécheresse de l’air en transpirant plus. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous devons arroser un peu plus nos plantes d’intérieur lorsqu’elles passent l’été au balcon.

Lorsque l’air est humide, la transpiration est moins importante. De plus, certaines plantes en profitent pour absorber une partie de l’humidité ambiante, notamment par les racines aériennes ou pour un système de poils absorbants. Les arrosages sont donc moins fréquents.

Ainsi, quand l’air de nos appartements est un peu trop sec à leur goût, il est possible d’arroser un peu plus souvent nos plantes, pour compenser. Évidemment, cette méthode a ses limites.

Certaines plantes demandent beaucoup d’humidité ambiante et ne peuvent pas survivre en dehors d’une serre ou d’un terrarium sous nos latitudes. C’est pour cela qu’il faut faire quelques recherches, de préférence avant d’adopter une plante. Cela évite les “mauvaises” surprises, comme ce joli petit Begonia amphioxus, sur lequel j’ai craqué sans savoir qu’une forte humidité était requise pour qu’il s’épanouisse. Il est donc rangé dans une bonbonnière, le temps que je lui trouve un terrarium plus adapté.

Heureusement, pour la majeure partie des plantes d’intérieur présentes dans les jardineries, l’humidité ambiante classique de nos appartements (50-60%) suffit amplement.

Un Tillandsia suspendu, au milieu des feuilles d'une chaîne de cœur et d'un Asparagus.

Les Tillandsia absorbent l’eau présente dans l’atmosphère grâce aux poils microscopiques de leurs feuilles. Elles n’utilisent leurs racines uniquement pour s’accrocher aux arbres.

Certaines plantes d’intérieur – comme ce petit Begonia amphioxus – nécessitent une forte humidité ambiante pour survivre et se cultivent en milieu fermé.

Le substrat et le pot

La composition du substrat (le sol) influence sa capacité à retenir l’eau à disposition pour les racines de nos plantes. Par exemple, un sol sableux comme un terreau pour succulentes est très drainant. L’eau le traverse rapidement et laisse peu de réserve. 

À l’inverse, les matières comme la tourbe, un composant courant dans les terreaux, retient bien l’eau pour la redistribuer plus tard à nos plantes. Trop de rétention peut cependant être néfaste pour nos plantes. Si l’eau stagne dans le substrat, les racines finissent par s’étouffer et mourir. C’est une porte ouverte à de possibles pathogènes, qui font pourrir d’abord les racines mortes avant de grignoter la plante, parfois jusque dans le tronc. Une situation mortelle pour nos plantes si nous n’intervenons pas rapidement.

Pour aller plus loin, la nature de nos pots joue aussi. Les pots en matériaux poreux, comme la terre cuite, permettent au sol de “respirer” et de sécher plus rapidement. Une partie de l’eau dans le sol s’évapore avant que la plante ne puisse l’absorber. Les matériaux non poreux, comme le plastique ou les céramiques vernies, ne permettent pas ses échanges. La terre reste humide plus longtemps. 

Ainsi, jouer avec la nature de nos pots et la composition de nos substrats peut influencer sur la fréquence des arrosages de nos plantes. C’est un exercice d’équilibre qui demande un peu d’expérience.

La saison et les conditions météorologiques

Toutes les conditions évoquées précédemment sont regroupées ici. Selon la saison et la météo, nous avons plus ou moins de soleil, de chaleur ou d’humidité dans l’air. Nos plantes ne se comportent donc pas de la même manière et n’auront donc pas les mêmes besoins en eau. L’arrosage doit donc être constamment ajusté en fonction des besoins de nos plantes.

Savoir quand arroser nos plantes d’intérieur

La lumière, la température, l’humidité, le sol, la nature-même de nos plantes. Tout cela influence sur les besoins en arrosage de nos protégées. Il est donc impossible de dire “Oh, cette plante ? Arrosez-la deux fois par semaine et tout ira bien.” Non, la clef, c’est d’observer nos plantes.

Observer nos plantes d’intérieur

Il est souvent recommandé d’observer nos plantes d’intérieur au quotidien. Le plus souvent, c’est en pensant aux maladies et aux insectes ravageurs que ce conseil est donné. Mais ça marche aussi pour l’arrosage et d’autres soins. Nos plantes “parlent”, il faut juste l’apprendre à décrypter leur langage. Heureusement, certaines sont particulièrement expressives et faciles à comprendre. 

La soif se traduit souvent par : 

  • des feuilles un peu molles ou pendantes (ex : certaines fougères, les Spathiphyllum, etc) ;
  • des feuilles qui s’enroulent sur elles-mêmes à partir des bords (ex : les Scindapsus, les Epipremnum, les Calathea, les Maranta, etc) ;
  • des feuilles qui se fripent ou qui se rident (ex : les succulentes).
Un Ctenanthe 'Golden Mosaic', les feuilles enroulées sur elles-mêmes. C'est un bon indicateur de quand arroser cette plante d'intérieur

Lorsque les feuilles s’enroulent sur elles-mêmes de cette manière, c’est un signe de soif. Il est grand temps d’arroser cette Ctenanthe lubbersiana « Golden Mosaic’.

La même Ctenanthe lubbersiana 'Golden Mosaic', bien arrosée

La même plante, quelques heures après un bon arrosage. Elle s’en remettra tant que ça reste exceptionnel. L’arroser avant qu’elle ne montre des signes de soif limite le stress. 

déalement, il faut arroser nos plantes d’intérieur avant qu’elles n’arrivent à ce stade. Lorsque cela arrive trop régulièrement, le niveau de stress pour la plante est important. Elle réagit alors en perdant des feuilles (les Ficus sont notables pour cette réaction) et deviennent plus fragiles face aux maladies et aux ravageurs. 

Cependant, c’est un bon indice à suivre lorsque nous faisons connaissance avec une nouvelle plante. En étant attentif, il est possible de découvrir le “rythme” de notre plante et donc de savoir quand arroser avant que les signes de soif ne soient présents. Mais cela demande du temps, de la patience et un peu d’expérience. Pour vous aider, vous pouvez noter vos observations dans un journal. 

Le sol : le signe qui ne ment jamais

Au-delà de l’observation des plantes, la méthode la plus simple et la plus sûre pour savoir quand arroser notre plante, c’est d’examiner son substrat. Il y a plusieurs manières de vous y prendre, chacune avec ses avantages et ses inconvénients.

Surveiller le sol est le meilleur moyen de savoir quand arroser nos plantes d'intérieur. Lorsqu'il a atteint le niveau de séchage qui correspond au besoin de la plante, il est temps d'intervenir.

Examiner le sol est le meilleur moyen de savoir quand arroser nos plantes d’intérieur. Chacune a besoin d’un niveau de « séchage » différent. Lorsqu’il est atteint, c’est qu’il est temps d’arroser.

Mettre le doigt dans la terre

  • La 1e phalange généralement, pour estimer si c’est humide et jusqu’à quel niveau 
  • Facile à comprendre et à appliquer, surtout quand nous débutons ;
  • Pas toujours pratique, surtout avec un paillage minéral en surface (aie !) ; 
  • Salissant (et pas top pour la santé des ongles, surtout s’ils sont cassants) ; 
  • Difficile de juger l’humidité du pot entier.

Utiliser un hygromètre

  • Permet de tester l’humidité du sol jusqu’au fond du pot ; 
  • Jamais testé personnellement : est-ce que tous les modèles sont fiables ?
  • Un certain coût ;
  • Risque d’abimer les racines en plantant l’instrument dans le sol.

Soupeser le pot

  • Un sol sec est plus léger qu’un sol humide ;
  • Demande un peu d’expérience qui s’acquière en manipulant souvent nos pots, secs et mouillés ;
  • Non salissant ;
  • Reste une estimation puisqu’aucune mesure réelle ;
  • Ma méthode préférée, car très rapide (une main qui soulève le pot, l’autre qui tient l’arrosoir, et hop ! Pot suivant s’il vous plaît !)

Apprendre à lire les étiquettes

Régulièrement, lorsque nous achetons une plante d’intérieur en jardinerie, elles sont accompagnées d’une petite étiquette qui indique des conseils de base : les températures favorables à la plante, son ensoleillement, la fréquence d’arrosage. Vous savez, le petit arrosoir avec un “1x/semaine” ?

Avec toutes les explications que nous venons de voir, vous vous doutez bien que cette indication n’est que ça, une indication. Je m’en sers comme une sorte de guide en réalité, avec cette échelle : 

  • 3x/semaine : le sol doit rester humide, arroser dès que la surface commence à sécher
  • 2x/semaine : laisser sécher le sol en surface entre deux arrosages
  • 1x/semaine : laisser sécher le sol sur plusieurs centimètres entre deux arrosages

Bien sûr, c’est un ordre d’idée, à mettre en relation avec des informations plus précises sur les besoins particuliers de notre plante et les caractéristiques de notre intérieur et de la saison du moment.

Conclusion

Les besoins en eau de nos protégées dépendent de nombreux facteurs sur lesquels nous avons rarement la main : les besoins spécifiques de nos plantes, les caractéristiques de notre intérieur, la saison, la météo, notre manière de cultiver. Savoir quand arroser nos plantes d’intérieur demandent donc un peu d’observation pour pouvoir s’adapter à la situation. 

L’observation de la plante et surtout du sol nous donne toutes les clefs nécessaires pour arroser au bon moment. Ne faites pas l’impasse sur le test du sol. Cela prend à peine quelques secondes, mais peut éviter une noyade à votre plante préférée.  Avec le temps et l’expérience, vous allez avoir une idée du “rythme” de vos plantes. 

Je sais, par exemple, qu’en été, je dois arroser mes Colocasia tous les deux jours, sauf si la météo est mauvaise. Cela ne m’empêche de vérifier le sol avant l’arrosage, mais je ne suis pas obligée de le surveiller tous les jours. Vous êtes tout à fait capable d’arriver à ce stade, avec un peu de temps et d’expérience. 

Nous savons maintenant quand arroser nos plantes d’intérieur. Mais savez-vous comment vous y prendre ? Quelles sont les différentes manières d’arroser une plante ? Comment ajuster votre arrosage au changement de saison ? Découvrez toutes ces informations dans les prochains article de ce carnet du jardinier. N’hésitez pas à vous abonner à la newsletter pour ne pas rater sa publication.

J’espère que cet article aura pu répondre à vos interrogations sur l’arrosage. Vous avez d’autres astuces pour savoir quand arroser vos plantes d’intérieur ? Partagez-les dans les commentaires. Et n’hésitez à me contacter directement ou dans les commentaires s’il vous reste des questions. 

Bon jardinage et profitez bien de vos plantes !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *