Et voilà, les déménageurs sont repartis, notre salon est rempli de piles de cartons et nous nous retrouvons au milieu de ce bazar, notre plante verte dans les bras. Qu’est-ce que je fais maintenant ? Evidemment, c’est une question vaste et chargée. Je peux pas vous aider avec les cartons (la moitié des miens sont encore intacts dans un coin). Mais je peux aider pour l’acclimatation des plantes d’intérieur si vous voulez.
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ToggleLe chantier de l’après-déménagement
Je ne vais pas vous dire que le plus gros est derrière vous. Pourtant, vous comme moi avons passé des semaines à préparer nos plantes d’intérieur pour le transport, en rempotant, taillant, bouturant. Nous avons rivalisé de minutie et d’inventivité pour nous assurer que toutes nos protégées arrivent à bon port. Mais malgré tout ça, le plus difficile est devant nous : l’acclimatation.
C’est le même processus que lorsque nous achetons une nouvelle plante, à quelques détails près :
- il n’y a pas besoin de faire de quarantaine, toutes nos plantes viennent du même endroit ;
- nous ne connaissons pas encore notre nouvel intérieur et ses microclimats ;
- il ne faut pas gérer une seule plante mais toute la jungle…
Et tout ça en parallèle de gérer le montage des meubles, le déballage des cartons et, si le planning le veut, les travaux. Je ne vous cache pas que je me sentais un peu désemparée cette fois-ci. Et c’est normal pour tout le monde ! Il reste tellement de choses à faire et on est déjà épuisé-e des étapes précédentes.
Dans ces situations-là, je préfère attaquer un petit bout : une caisse de plantes, un carton ouvert. Juste une petite chose à la fois. C’est moins impressionnant et, sans s’en rendre compte, on avance rapidement.
Première étape : assurer le minimum vital de nos plantes
La première chose à faire, c’est de donner de la lumière à nos plantes. Non, nous ne sommes pas en train de chercher la place parfaite pour nos protégées. C’est un peu une mission impossible quand on ne connaît pas encore sa nouvelle maison. Mais on peut s’assurer que nos plantes aient le minimum de leurs besoins couverts le temps qu’elles et nous prennent nos marques.
Le plus logique est d’installer nos plantes devant et autour des fenêtres. Prenons tout de même le temps de vérifier leur orientation et si elles sont ou non dégagées. Cela joue sur l’intensité de la lumière reçue.
Par exemple, ma petite maison a une orientation nord/sud, ce qui est une première pour moi qui a toujours été exposée est/ouest (du moins depuis que je m’intéresse aux plantes d’intérieur). Ce sont des fenêtres dégagées, sans vis-à-vis et donc sans ombre qui viendrait réduire une partie de la lumière à l’intérieur.
J’ai donc priorisé les plantes qui demandent le plus de lumière devant les fenêtres au sud, et les moins gourmandes (fougères, Calathea, Maranta) devant les fenêtres au nord dans un premier temps. On ajustera plus tard.
Deuxième étape : apprivoiser son intérieur
La deuxième à faire, c’est d’observer pour apprendre à connaître notre intérieur. Bon, en réalité, la deuxième chose à faire est d’arroser nos plantes, qui n’ont pas été arrosées depuis quelques jours avant le déménagement.
Mais la suivante est effectivement de comprendre notre intérieur, et notamment la lumière. Vous savez qu’elle est LE critère indispensable pour bien choisir la place de sa plante. Mais elle évolue beaucoup, en fonction de la météo et de la saison.
Comprendre la lumière
Généralement, quelques semaines suffisent pour avoir une bonne idée de l’intensité de la lumière au niveau des fenêtres et à quel point elle pénètre (ou va pénétrer) dans notre intérieur. Dans mon ancien appartement, le soleil entrait jusqu’au fond de ma chambre uniquement à la belle saison. Ici, le soleil du soir rentre progressivement par les fenêtres au nord à mesure qu’on avance dans le printemps.
Une fois qu’on commence à prendre nos repères avec la lumière (et qu’on a installé les meubles), alors il est temps de commencer à penser à l’organisation de notre jungle.
Je vais être honnête avec vous : vous allez beaucoup bouger vos plantes les premiers mois. La probabilité de trouver la bonne place du premier coup est mince. Et c’est normal. Il va donc falloir faire preuve de beaucoup de patience et d’observations.
Et quand les travaux ne sont pas terminés ?
Malgré toute notre planification, il arrive que les travaux prennent du retard et se fassent ou se terminent après notre arrivée dans le logement avec nos plantes. Ce fut mon cas, puisque les fenêtres ont été changées 15 jours après mon arrivée. Et on se demande bien où on va installer nos plantes dans cet intervalle.
Personnellement, j’ai installé mes plantes devant les fenêtres à mon arrivée. Puis, la veille de l’arrivée des fenêtres, j’ai dégagé l’espace en repoussant mes plantes dans le centre des pièces concernées. Évidemment, ce choix n’est possible que si notre pièce suffisamment grande pour pouvoir continuer de se déplacer, surtout pour les artisans et leur matériel.
Sinon, je vous conseille de déplacer momentanément vos plantes dans les pièces qui ne sont pas impactés par les travaux, quitte à les changer de pièce au fur et à mesure. Même si la lumière n’est pas idéale, au moins, elles seront à l’abri des coups perdus.
(Est-ce que j’ai eu de la casse quand ils ont terminé l’encadrement des fenêtres parce que je n’ai pas déplacé les plantes dans une autre pièce et qu’elle n’était pas assez grande pour qu’elles soient vraiment hors d’atteinte ? Oui. Pauvre petit Pilea décapité…).
D’abord, assurer le miminum nécessaire à la survie de nos plantes vertes
Ce Pilea peperomioides s’est fait décapité dans les derniers travaux
Observer et acclimater nos plantes vertes
Et pendant tout ce temps, il est important d’observer très régulièrement nos plantes. Entre le déménagement, les nombreux changements de place et l’adaptation à leur nouvelle maison, nos plantes sont stressées. Et qui dit plantes stressées, dit plantes fragilisées. Elles encaissent moins facilement nos oublis d’arrosage et deviennent des proies faciles pour les ravageurs.
Retrouver une routine
Je sais, je sais. Entre les cartons et les travaux, on n’a pas forcément beaucoup de temps à leur dédier. Moi la première ! Alors j’ai mis en place une petite routine. Puisque je ne peux pas observer toutes mes plantes d’un coup, j’observe un groupe de plantes le matin avec ma première tasse de thé. Un jour les plantes dans la future bibliothèque/salon, un autre celles de la chambre, et ainsi de suite.
Ca me permet de vérifier trois choses :
- comment elles s’adaptent à cette place ;
- comment l’arrosage évolue ;
- s’il n’y a pas de ravageurs.
Une acclimatation en douceur
Au fur et à mesure de nos observations, que ce soit celles de nos plantes ou celles de notre nouvel intérieur, nous allons assez naturellement déplacer nos plantes d’intérieur.
Nous allons découvrir les endroits qui reçoivent le plus de lumière et qui seront parfaites pour nos plantes de plein soleil. Ou bien nous rendre compte que ce coin, où on pensait installer une Ctenanthe ‘Golden mosaïc’ n’est pas assez lumineux pour elle. Ou que les frondes de la fougère de Boston sont littéralement en train de brûler sur le rebord de cette fenêtre.
Et, après ces observations – et l’aménagement progressif des pièces -, nous allons ajuster l’emplacement de nos plantes d’intérieur. Rapprocher la Monstera deliciosa ‘Thai Constellation’ de la fenêtre, reculer une Maranta de la baie vitrée, déplacer le Ficus dans une autre pièce…
Ces déplacements sont tout à fait normaux. En fait, ils peuvent même se répéter au fur et à mesure des années, simplement parce que notre lumière change parfois drastiquement avec les saisons. Ça fait partie du jeu. J’appelle ça les Tetris géants.
Trouver la bonne place pour nos plantes vertes du premier coup à l’emménagement est rare
Trouver la bonne place prend parfois du temps
Ajuster notre entretien
Il y aura aussi une multitude de petits ajustements qui vont se mettre en place sur les premiers mois. Qui dit déménagement dit, le plus souvent, modification importante des conditions de vie de nos plantes, et donc de leur croissance.
Avec une exposition plein sud, certaines de mes plantes poussent beaucoup plus vite qu’auparavant ! C’est la magie de la lumière. Mais ça demande que moi aussi, je m’adapte. Ma routine d’arrosage ne va plus être celle que j’avais à l’appartement.
Une acclimatation réussie fonctionne dans les deux sens, d’où l’importance de nos observations régulières. Nos plantes s’acclimatent à leur nouvelle maison et nous devons en tenir compte pour l’arrosage, le rempotage, l’engrais…
Il y aura des ratés au début, c’est normal. J’ai oublié l’arrosage de certaines plantes les premières semaines, parce que je courais partout. En réalité, c’est la seule cause de la perte de quelques plantes avec le déménagement. Ça me frustre un peu, parce que tout le monde avait bien déménagé malgré l’hiver. Mais ça fait aussi partie de la vie d’une jardinière.
L’acclimatation peut prendre quelques mois. Mais une fois que nos plantes ont trouvé leur place, une fois que nous avons compris leur nouveau rythme, tout sera beaucoup plus simple.
Réussir l’acclimatation de nos plantes d’intérieur après un déménagement
Le déménagement, finalement, c’est un peu la partie immergée de l’iceberg. C’est la plus spectaculaire : nos plantes d’intérieur toutes rassemblées, emballées, chargées dans un camion.
Mais la véritable épreuve, c’est l’après-déménagement : l’acclimatation. Cette période du début où personne n’est vraiment sûre de ce qu’elle fait. Nos plantes vertes prennent leurs marques, découvrent leur nouveau milieu de vie. Nous observons, apprenons à mieux connaître les spécificités de notre intérieur. Nous ajustons la place des plantes, l’arrosage, les soins…
Ça dure de quelques semaines à quelques mois. Ça demande beaucoup d’attention de notre part et nous ne sommes pas à l’abri d’une ou deux catastrophes. Mais à la fin, notre jungle aura retrouvé son équilibre et nous aussi.
La série sur le déménagement d’une jungle d’intérieur touche à sa fin. J’espère qu’il vous sera utile pour votre propre déménagement et que vous vous sentirez un peu moins intimidé-e par cette aventure. Si vous avez la moindre question, n’hésitez pas à commenter cet article ou à me contacter directement ici ou sur Instagram.
Bon jardinage et prenez soin de vos plantes !
