Cela fait maintenant une petite semaine que j’ai déménagé mes 400 et quelques plantes d’intérieur. Autant vous dire que ça n’a pas été de tout repos, même avec toutes les gentilles paires de bras qui sont venues m’aider. Mais je peux maintenant partager avec vous toutes les astuces que j’ai mis en place juste avant et surtout le jour J, pour déménager avec mes plantes vertes en (presque) toute sérénité.
Au sommaire dans cet article
ToggleQuelques jours avant de déménager avec nos plantes
Normalement, si vous en êtes à cette date du calendrier, vous avez déjà répondu à pas mal d’interrogations et surtout, vous savez comment vos plantes d’intérieur vont voyager le jour J. Si ce n’est pas le cas, je vous conseille de jeter un œil au premier épisode de cette série sur le déménagement des plantes vertes.
Stopper les arrosages
Vous vous êtes déjà demandé-e ce qui est le plus lourd, lorsqu’on déplace une plante verte ? Le plus souvent, c’est le terreau. Et le pot si vous aimez les jolies céramiques, toujours superbes mais qui pèsent terriblement lourd. Oui, j’en ai et j’en ai bavé.
Il n’est pas possible de rendre nos pots plus légers. Ou alors, je veux la formule magique, s’il vous plaît ! Bon, on peut toujours rempoter dans des pots en plastique, mais à moins de 48-72h du déménagement, c’est un peu tard.
La seule manière d’alléger nos plantes à ce moment-là, c’est de laisser le terreau sécher. Et oui, en réalité, c’est surtout l’eau stockée dans le sol qui fait son poids. Le terreau lui-même, c’est plutôt léger.
J’ai donc arrosé généreusement mes plantes vertes deux à trois jours avant le déménagement. Je dois avouer que, pour une fois, j’étais plutôt soulagée de déménager en plein hiver. Vous imaginez, stopper les arrosages pendant plusieurs jours en pleine canicule, quand on a des plantes qui boivent beaucoup ou qui préfèrent leur sol humide en continu ?
Bon, une plante verte supportera toujours mieux quelques jours de retard d’arrosage que d’être noyée. Mais je suis bien content d’avoir rayé cette pression de mon aventure.
Si toutefois c’est votre cas, voyez comment vous gérer votre balance : le poids des plantes (et donc la fatigue de la manutention) versus un petit coup de sec et probablement quelques feuilles abîmées pour les plus fragiles. C’est vous qui voyez.
Retirer les soucoupes
Sur ce point, il y a deux écoles. Celle qui retire absolument toutes les soucoupes et celles qui les laissent avec leurs pots. Ma sœur, qui est venue m’aider (alors qu’elle m’avait menacé de partir à l’autre bout du monde en vacances devant la taille de ma jungle, merci sœurette !), est définitivement de la deuxième école.
Moi, je suis plutôt de la première. D’abord parce que je suis assez maladroite, donc porter des plantes (celles hors caisse) avec la soucoupe en dessous, c’est la garantie d’en casser au moins une ou deux dans la journée.
Ensuite, parce que ce n’est pas forcément facile à caler dans les caisses des plantes. Je préfère m’arranger pour que les plantes se bloquent les unes les autres dans leur caisse plutôt que d’avoir les soucoupes et, du coup, un calage pas forcément autobloquant.
Du coup, j’ai rassemblé toutes mes soucoupes dans des sacs ou des cartons. J’avoue, j’ai un peu eu l’impression, à ce moment-là, d’avoir une jardinerie au lieu d’une collection de plantes. Il y en a de toutes les tailles !
Quid des cache-pots ?
Les cache-pots, c’est un peu comme les soucoupes. Certain-e-s les enlèvent lors du transport pour éviter les chocs et alléger les pots.
Comme j’ai principalement de petits cache-pots, la question du pot n’était pas vraiment un problème. J’ai donc laissé tous mes cache-pots en place. Par contre, j’ai enroulé les plus fragiles de papier-bulle avant de bien les caler dans les caisses. Ça demande un peu de patience, mais ce n’est pas plus difficile qu’emballer la vaisselle et je ne déplore aucune perte.
Mettre nos plantes vertes en caisse
Vous l’avez compris, une grande partie de mes plantes vertes ont voyagé en caisse : caisses de manutention, cagettes récupérées au supermarché, cagettes de maraîcher et même boîtes de rangement à couvercle.
L’idée, c’était de limiter les allers-retours avec la camionnette. Si je peux transporter trois, quatre, cinq plantes d’un coup, c’est plus intéressant qu’une par une, non ? Surtout quand on habite au deuxième sans ascenseur… Les caisses ont aussi les avantages de permettre de caler les plantes entre elles, de protéger les plus petites et d’être faciles à ranger dans la camionnette.
La mise en caisse a commencé 48h avant le début du déménagement, y compris pour les caisses opaques qui s’empilent. Certes, la lumière est le facteur le plus important pour la vie de nos plantes vertes, mais elles supportent tout à fait être dans le noir pendant deux ou trois jours. Il faut simplement éviter que ça dure trop longtemps.
Attacher nos plantes d’intérieur
C’est quand il faut déplacer nos plantes qu’on se rend compte de l’ampleur qu’elles ont prises. En tout cas, c’est le cas pour moi. Certaines Ctenanthe notamment, certains Philodendron, les pothos dorés (Epipremnum aureum) et argentés (Scindapsus pictus), les Asparagus… Toutes ces plantes ont colonisé mon appartement progressivement, au point que je n’ai pris la mesure de leurs dimensions qu’au moment de les déplacer ou décrocher de la bibliothèque ou du mur sur lequel elles poussaient.
Pour faciliter leur transport, j’ai dégainé… une bobine de ficelle. Celle dont je me sers généralement au balcon pour tuteurer et guider les tomates. J’ai rassemblé les tiges et je les ai attachées ensemble, comme une queue de cheval. Celles et ceux qui ont les cheveux longs savent parfaitement de quoi je parle.
Le plus important est de les manipuler avec délicatesse pour ne pas casser les tiges et de ne pas trop serrer les liens. De cette manière, on limite un peu l’espace qu’elles prennent et on les rend plus faciles à manipuler.
Mettre les plantes dans des caisses réduits le nombre de manipulations
Cela facilite aussi le rangement dans la camionnette
C’est le grand jour !
Quand arrive le grand jour, normalement, vous êtes paré-e pour déménager avec toutes vos plantes. Du moins, en théorie. Parce que dans la réalité, on est jamais à l’abri d’un retard ou, dans mon cas, d’un déménagement de plantes sur trois jours.
Trois jours, trois allers-retours entre mes deux adresses (soit un peu plus de 1 000 km) avec une camionnette pleine de plantes. J’ai donc chargé mes caisses, pris la route, déchargé et vidé mes caisses à ma nouvelle adresse, ramené mes caisses à l’appartement et hop ! On remplit les caisses à nouveau pour reprendre la route le lendemain matin.
Précautions de saison
Cependant, ma plus grande inquiétude pour ce déménagement, c’était pas le nombre d’allers-retours. C’était la météo.
Dans mon objectif de réunir au maximum la période aux deux loyers, je me suis retrouvée à déménager en février. Supposément le mois le plus froid en France continentale. Autant vous dire que l’idée de mes plantes tropicales, donc frileuses, exposées plusieurs heures à des températures inférieures à 10 °C m’angoissait.
Une fois n’est pas coutume, le réchauffement climatique a joué en ma faveur. Sur les trois jours du déménagement de mes plantes vertes, les températures ne sont pas passées en dessous de 8°C. Mieux, dans la journée, on tournait plutôt autour de 14 °C.
Une très bonne chose pour mes plantes d’intérieur, qui n’ont pas subi de dégâts dû au froid. Mais beaucoup moins pour la nature, y compris mes propres arbres fruitiers qui sont déjà en fleurs, avec un mois d’avance…
Si vous pouvez choisir votre période pour déménager avec vos plantes vertes, choisissez plutôt le printemps ou l’automne. Si vous n’avez pas le choix, prévoyez un plan de bataille contre les températures extrêmes : voile d’hivernage pendant l’hiver, voyage de nuit en plein été, etc.
Charger la camionnette
Ces précautions étant prises, il est grand temps de charger la camionnette (ou n’importe quel véhicule avec lequel vous comptez déplacer vos plantes). C’est l’heure du Tetris géant !
L’objectif, c’est que toutes les plantes soient calées, dans l’impossibilité de se renverser en cas de virage important (hello les ronds-points) et qu’elles ne s’écrasent pas les unes les autres.
Les caisses ont l’avantage d’être généralement faciles à ranger. Certaines des miennes sont empilables, ce qui m’a permis de gagner de la place au sol. Mais moins que je l’espérais. Pour éviter tout accident, nous avons dû nous limiter à trois caisses de haut maximum.
J’ai quelques conseils pour cette étape. N’hésitez pas à forcer un peu pour que les pots s’autobloquent. C’est pas toujours évident si vos pots sont en terre cuite, mais les pots en plastique supportent une petite déformation. Ca évitera les glissades et les renversements.
Les grandes plantes vont au fond, contre la cabine du chauffeur en camionnette ou contre le dos de la banquette dans une voiture. Ca évitera qu’elles décollent si vous êtes amené-e-s à piler sur la route.
Ne pas placer de plantes sur les banquettes ou le siège passager. Comme il n’y a pas grand chose pour les caler, elles ne seront pas stables. J’ai tendance à les poser sur le siège passager quand je reviens de la jardinerie, et je me retrouve tout le temps à les tenir d’une main dans les rond-points… Par contre, au pied des fauteuils, c’est nickel.
Si vous avez des plantes fragiles, du type succulente qui perd ses feuilles au moindre courant d’air mais qui retombe le long du pot, comme le petit Sedum ‘burrito’, confiez-les à votre passager. La seule raison pour laquelle mon ‘Burrito’ est quasiment intact après son voyage, c’est parce qu’il était sur les genoux de ma sœur.
Prendre la route en douceur
Bon, je ne vais pas vous apprendre le code de la route. Aussi, je vais être succincte : faites attention.
Faites attention dans les freinages et les accélérations. Faites attention dans les tournants. Tout mouvement brusque pourrait faire basculer vos plantes, surtout si elles ne sont pas très bien calées. C’était mon cas sur le dernier voyage, où seule la moitié de la camionnette était remplie. Je n’ai pas eu de casse, mais plusieurs plantes étaient couchées à l’arrivée.
Vous n’aurez jamais une conduite aussi écolo que lorsque vous déménagez vos plantes vertes !
Décharger en arrivant
Et quand on arrive, on fait quoi de nos plantes vertes ?
Je suis arrivée avec mes plantes d’intérieur avant mon camion de déménagement. Non seulement les meubles étaient encore à l’ancienne adresse, mais en plus, les travaux ne sont pas terminés. Que l’on reparte pour un second chargement ou pas, il faut bien installer nos plantes quelque part.
Et cette position de stockage peut durer de quelques jours à semaines, le temps d’installer nos meubles et de déballer nos affaires. Le plus important, à ce moment, est d’assurer le minimum syndical.
De la lumière, même si ce n’est pas la plus optimisée (je ne suis pas certaine que mon Beaucarnea apprécie son séjour sur un rebord de fenêtre face au nord sur le long terme). L’important, c’est qu’elles puissent faire un minimum de photosynthèse.
Des températures adéquates : le chauffage a été installé et mis en route la veille de mon arrivée, ce qui nous a évité une première nuit à 8°C. Merci à mon artisan d’y avoir pensé en partant !
Un accès pour l’arrosage. Nos plantes n’ont pas bu depuis plusieurs jours et l’arrosage va rapidement reprendre. En particulier pendant la belle saison où nos plantes sont en pleine croissance. Par expérience, arroser en faisant l’équilibriste au-dessus d’une pile de cartons est le meilleur moyen de mettre de l’eau partout. Donc ménagez-vous des accès, même étroits, même temporaires, pour assurer l’arrosage.
Stocker les plantes là où elles auront au moins un minimum de lumière
Il faut aussi s’assurer que nous pourrons les arroser à leur arrivée
En cas de casse
J’ai perdu cinq feuilles dans ce déménagement, dont quatre sur les quelques plantes que j’avai confié aux déménageurs car je suis désormais incapable de les déplacer seule. Comme quoi, on est rarement mieux servi que par soi-même sur ce genre de tâches.
Mais il arrive qu’une tige casse pendant le transport. Est-ce que c’est frustrant ? Oui, bien sûr, et c’est complètement normal. On a tellement fait attention en les manipulant !
Est-ce que c’est la fin du monde ? Rarement. Dans une grande partie des cas, notre plante va repousser. Et nous avons de quoi faire les premières boutures à notre nouvelle adresse. Si vous êtes pressé-e à ce moment-là, placez simplement les tiges cassées dans l’eau. Il sera toujours temps de les installer en terreau si vous préférez cette méthode dans quelques jours, quand les événements se seront calmés.
Vous êtes prêt-e à déménager avec vos plantes vertes ?
Déménager avec nos plantes vertes demande un peu d’organisation, c’est vrai. Que ce soit dans la gestion de l’arrosage ou dans l’installation en caisse pour nous faciliter la tâche le jour J. Cela demande surtout, je trouve, de la patience pour éviter de casser les tiges ou les feuilles, dans la manipulation ou le transport.
Mais tous nos efforts sont récompensés quand toutes nos protégées arrivent, indemnes, à destination. J’ai quelques feuilles cassées, certes, mais tout le monde est là, sans dommage irréversible. Et c’est probablement le plus important, quelque soit la taille de notre jungle.
Si vous déménagez dans les semaines ou mois à venir, j’espère que cet article aura répondu à vos interrogations concernant le transport de vos plantes vertes. N’hésitez pas à relire le premier épisode ou à me contacter dans les commentaires, ici ou dans mes DM sur Instagram si vous avez d’autres interrogations.
Je vous prépare un troisième épisode dans cette série concernant l’après déménagement : comment installer nos plantes à la “bonne” place, comment nous adapter à notre nouvel environnement, etc. D’ailleurs, si vous avez des questions sur cette période n’hésitez pas à me les transmettre pour qu’on les évoque ensemble.
En attendant, bon jardinage et profitez bien de vos plantes !
