Arrosage des plantes d’intérieur : 5 méthodes à (re)découvrir

Lorsque nous adoptons notre première plante, notre première question est “quand dois-je arroser ma plante ?” Nous attrapons alors un verre, une bouteille ou notre nouvel arrosoir flambant neuf. Mais à mesure que nous plongeons dans le monde du jardinage, nous voyons toute sorte de manière d’arroser, au point de ne plus savoir quoi faire. Et si nous faisions un petit tour d’horizon sur les différentes méthodes d’arrosage des plantes d’intérieur ?

Un arrosoir est un outil quasi indispensable pour l'arrosage des plantes d'intérieur

Petit rappel sur l’arrosage des plantes d’intérieur

Quelle que soit la méthode d’arrosage que vous utilisez ou votre outil fétiche, il y a quelques constantes dans l’arrosage des plantes en pot, et plus particulièrement des plantes tropicales.

Quand arroser les plantes tropicales ?

Toujours vérifier que notre plante a soif avant de l’arroser, afin d’éviter tout risque de noyade et de pourrissement des racines. Que ce soit, en observant notre plante ou son sol, prenons ces quelques secondes. Ça évitera de mauvaises surprises.

Quelle eau pour l’arrosage en intérieur ?

Choisir, de préférence, de l’eau à température ambiante, en particulier en hiver. Cela permettra d’éviter les chocs thermiques au niveau des racines, qui peuvent être mortels pour les plantes les plus frileuses (n’est-ce pas Mr. le poinsettia…).

Et si c’est possible, choisir une eau de bonne qualité pour nos plantes (pluie, mare, etc.) ou une eau non chlorée.

Quelle quantité d’eau pour les plantes en pot ?

Enfin, il vaut mieux arroser de manière généreuse et moins souvent que peu et tous les jours. Ainsi, les racines se développeront dans tout le pot et non juste dans le petit volume de terre mouillée par la petite dose d’eau. 

Imaginez que vous venez de courir et que vous avez très soif. Qu’est-ce que vous préférez : une cuillère à soupe d’eau toutes les minutes ou une grande bouteille d’eau ? Vous n’allez pas avoir la même hydratation, n’est-ce pas ?

Par les plantes, c’est pareil. Et plus le système racinaire est développé, mieux notre plante se développera. Elle sera ainsi capable de faire face à une attaque de ravageurs ou un oubli ponctuel d’arrosage.

Feuilles mouillées d'un Stromanthe sanguinea 'Triosatr' après la douche (bassinage)

Parfois, une méthode d’arrosage particulière est plus adaptée pour une plante qu’une autre.

Deux méthodes d'arrosage classiques

Arrosage par le haut

C’est la méthode la plus classique, en pot comme en pleine terre, en intérieur comme en extérieur. Après tout, elle reproduit la pluie, en arrosant la surface du sol et en laissant l’eau pénétrer dans le sol sous l’effet de la gravité. 

  1. Arroser sur toute la surface du sol et non pas juste un coin ou le pied de la plante. Nous voulons que les racines se développent dans l’intégralité du pot. 
  2. Arroser généreusement. Le meilleur indice pour savoir si nous avons assez arrosé, c’est d’avoir de l’eau qui s’écoule par le trou de drainage. 
  3. Laisser la plante égoutter tranquillement, pour que le surplus d’eau évacue. Si vous l’avez arrosé en place, veillez bien à vider la coupelle ou le cache-pot. 

Astuce :  N’importe quel type de récipient peut être utilisé. J’utilise généralement un petit arrosoir (1,5 L), ce qui le rend léger et facile à manipuler. Son long bec permet d’être précis dans l’arrosage et d’atteindre les plantes éloignées. Mais je réquisitionne la carafe au bureau. Faites avec ce que vous avez sous la main et qui vous convient.

Arrosage par le bas

De plus en plus vue sur les réseaux sociaux, cette méthode repose sur le principe de la capillarité. C’est la capacité d’un liquide (ici l’eau) à remonter naturellement le long d’un support (ici notre terreau) malgré la gravité. Exactement comme après avoir marché dans une flaque, l’eau remonte le long de votre pantalon.

Pour cette méthode, il faut se munir d’un récipient suffisamment haut et large pour accueillir vos pots. J’utilise généralement un plat à gratin ou un saladier, mais prenez ce que vous avez sous la main : bassine, casserole, assiette creuse… 

  1. Remplir le récipient d’eau jusqu’aux deux tiers de sa hauteur puis y plonger le pot. Attention, nous ne cherchons pas ici à submerger le pot ! Juste à lui tremper généreusement les pieds.
  2. Retirer le pot de l’eau lorsque la surface du sol est devenue humide ou lorsque le niveau d’eau dans le récipient ne baisse plus. 
  3. Laisser la plante égoutter avant de la remettre à sa place.

La terre a normalement absorbé juste ce qu’il lui faut, ce qui en fait une bonne méthode si vous avez peur de trop arroser vos plantes d’intérieur.

En général, je me sers de cette méthode pour les plantes dont la motte a en grande partie séchée ou quand la terre n’est pas atteignable par le haut. Mais si cette méthode vous plaît, faites-le pour toutes les autres plantes. Il n’y a pas de contre-indication. 

Astuce : Le plus souvent, j’arrose par le haut et je laisse l’eau dans la soucoupe pendant 15-30 minutes pour avoir un arrosage par le bas en plus. C’est particulièrement utile pour les gros pots qui peuvent mettre du temps à se réhydrater complètement.

Certaines plantes n’apprécient pas avoir leur feuillage mouillé lors de l’arrosage. La méthode par le bas est alors une solution toute trouvée.

Trois méthodes d’arrosage supplémentaires

Le bassinage

Vous trouverez souvent l’arrosage par le bas appelé bassinage, mais c’est une erreur. Le bassinage est l’équivalent d’une douche. Il doit son nom à la bassinette, un arrosoir ancien qui permet d’arroser finement le sol et le feuillage. Il est encore utilisé dans la culture du bonsaï et dans les nurseries.

Il y a plusieurs avantages au bassinage, le plus évident étant le nettoyage du feuillage. Mais son action sur le sol est tout aussi importante. Arroser à grande eau le sol entraine un lessivage des minéraux. Ce phénomène néfaste de l’agriculture moderne est plutôt un avantage dans la culture en pot.

Une partie des minéraux des engrais n’est pas absorbable par la plante et reste dans le sol, autour des racines. Quand ils sont trop concentrés, ces minéraux peuvent brûler les racines, ce qui ouvre la porte au pourrissement. Il est donc intéressant de lessiver régulièrement nos pots pour éviter qu’ils ne s’accumulent. 

  1. Installer les plantes à bassiner dans la baignoire, la douche, ou même dehors si vous avez un tuyau d’arrosage. 
  2. Doucher les plantes à grande eau, en insistant sur la motte. Oui, elle va être détrempée, mais c’est normal. 
  3. Laisser les plantes égoutter (ça peut prendre plusieurs heures après cette douche) avant de les remettre en place. 

Si vous utilisez des engrais minéraux, vous pouvez envisager un lessivage par mois, voire plus si les pots sont petits. Personnellement, je ne le fais, simplement parce que j’ai trop de plantes. J’ai opté pour des engrais organiques à la place, avec lesquelles le lessivage du sol n’est pas indispensable. 

Astuce : J’effectue un bassinage sur toutes les plantes qui rentrent à la maison. J’insiste alors sur les parties aériennes, notamment le revers des feuilles, pour déloger les insectes indésirables qui s’y cachent.

L'immersion

Vous saviez que vous pouviez volontairement noyer vos plantes ? Dit comme ça, vous devez vous dire que j’ai perdu la tête. Mais non, promis. C’est une astuce que je tiens de botanistes jardiniers, pour réhydrater les mottes desséchées.

  1. Remplir un grand récipient d’eau (chez moi, c’est ma baignoire, comme ça je peux gérer plusieurs plantes en même temps).
  2. Installer les plantes dans l’eau, avec de l’eau jusqu’au-dessus du niveau de la terre. Vous pouvez carrément coucher la plante dans l’eau si c’est plus facile. 
  3. Maintenir les pots et mottes de terre sous l’eau jusqu’à ce que plus aucune bulle d’air ne remonte à la surface. Ça y est, nous avons “noyé” notre pot ! En fait, nous avons simplement remplacé tout l’air coincé dans la terre par de l’eau.
  4. Laisser les plantes égoutter (ça peut prendre plusieurs heures après cette douche) avant de les remettre à leur place. 

Astuce : Vous pouvez aussi vous servir de cette méthode comme outil de lutte contre les ravageurs vivant dans le sol (ponctuellement ou toute leur vie). Il suffit d’immerger la motte pendant au moins 30 minutes, voire plusieurs heures. Aucune chance que les insectes survivent aussi longtemps sans air. Je m’en sers par mesure de précaution que je rentre mes plantes tropicales à l’automne. 

La vaporisation

Tout d’abord, cassons un mythe. Vaporiser de l’eau sur le feuillage n’augmente pas l’humidité ambiante autour de vos plantes. Enfin si. Mais de manière très ponctuelle et sur un volume d’air très limité. En bref, ne comptez pas là-dessus pour apporter de l’humidité à vos fougères ou vos Calathea.

Cependant, la vaporisation est une bonne manière pour arroser certaines plantes : les épiphytes. Ce sont des plantes qui ne vivent pas dans la terre, mais au creux des arbres ou roches. Elles ont développé des systèmes pour capter l’eau dans l’air : les feuilles pour les Tillandsia, les racines pour les orchidées. 

  1. Vaporiser généreusement les plantes, jusqu’à ce que l’eau ruisselle sur les feuilles ou les racines.
  2. Les laisser égoutter (tête en bas pour les Tillandsia) avant de les remettre en place. 

Astuce : si vous cultivez vos orchidées en pot, vous pouvez aussi les immerger. La vaporisation est alors une béquille, à mettre en place entre deux immersions lorsque le temps est sec. D’une manière similaire, vous pouvez plonger vos Tillandsia dans l’eau. C’est ma routine du dimanche matin : le bain des filles de l’air. 

L'immersion dans l'eau est ma méthode préférée pour l'arrosage des Tillandsia

Le bain des Tillandsia

Alors, comment vous arrosez vos plantes d’intérieur ?

Un bon arrosage, c’est un arrosage généreux, quand la plante en a besoin (si possible avant qu’elle montre des signes physiques de soif) et avec une eau appropriée (température et qualité). Il existe plusieurs manières d’arroser nos plantes tropicales. 

Choisissez avant tout celle qui vous convient. Après tout, il faut que ça soit confortable pour vous, car c’est une routine régulière que vous aurez à tenir sur le long, parfois plusieurs fois dans la semaine (selon vos plantes et les conditions climatiques). Évidemment, il est tout à fait possible de changer de méthode en cours de route ou de les mélanger.

Les méthodes présentées ici sont les plus courantes et les plus simples à mettre en application. Il en existe d’autres, vous permettant notamment d’automatiser l’arrosage ou de mettre en place des réserves d’eau. Elles seront l’objet d’un prochain article. 

L’arrosage des plantes d’intérieur est un vaste sujet où il y a toujours quelque chose à découvrir. N’hésitez pas à laisser vos questions, vos suggestions ou vos propres expériences dans les commentaires.  

Bon jardinage et profitez bien de vos plantes.

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