Un tas de tourbe de coco, une alternative à la tourbe naturelle

Faire son terreau pour plantes vertes : les bases organiques

Très souvent, je vous recommande de ne pas utiliser le terreau tel quel, mais plutôt de l’améliorer, notamment pour améliorer le drainage. De faire vos propres terreaux en fait. Mais je n’ai pas toujours fonctionné comme ça.

Au début, comme beaucoup, j’utilisais sagement du terreau pour plantes vertes. Après tout, il est censé être conçu pour ça, non ? Pourtant, certaines de mes plantes pourrissaient sans raison apparente. J’ai donc plongé dans le monde fascinant des substrats et j’ai commencé à expérimenter. D’abord en ajoutant un peu de perlite au terreau (spoiler : ça reste mon combo favori pour les débutants), puis en élaborant mes propres recettes, adaptées aux besoins spécifiques de mes plantes… et à ma façon de jardiner.

Cet article est le début d’une petite série pour partager avec vous ce que j’ai appris au fil des rempotages. Nous commençons par le cœur du mélange : les bases organiques. Terreaux, compost, fibre de coco, tourbe… passons en revue ces ingrédients qui constituent le socle de nos substrats maison.

Un tas de terreau universel, où certains morceaux de végétaux se voient encore

Si vous avez déjà une ou deux plantes à la maison, les terreaux vous sont vraisemblablement familiers. Ce sont les substrats de base que nous trouvons dans toutes les jardineries et certains supermarchés ou magasins de bricolage, pour peu qu’ils aient un rayon jardin. 

Un terreau est un mélange de plusieurs matières organiques, le plus souvent de la tourbe et du compost, avec parfois de la terre végétale, du fumier ou encore de la terre de bruyère. Des éléments drainants, comme de la perlite ou du sable, peuvent y être ajoutés, de même qu’une quantité plus ou moins importante d’engrais. 

Il existe une multitude de terreaux disponibles dans le commerce, aussi, nous allons nous concentrer sur ceux qui peuvent être utilisés dans la culture des plantes d’intérieur.

Le terreau universel

À la base, le terreau universel est destiné à la plantation en pleine terre, à l’extérieur. Bien que plusieurs le disent tout aussi adapté à la culture des plantes d’intérieur, je ne suis pas complètement d’accord. Ou alors, pas tout seul. 

C’est un mélange souvent riche qui comprend des matières organiques comme la tourbe et des composts plus ou moins mûrs. Le drainage est souvent minimal et l’engraissage (les engrais) est assez important. Il est destiné à des plantes déjà bien développées, en mélange avec la terre de jardin. 

Pour nous, les jardiniers et jardinières d’intérieur, ce mélange n’est pas assez drainant et souvent assez lourd (dans tous les sens du terme). Si vous optez pour rempoter avec un mélange simple de terreau et perlite, ce qui est facile à mettre en place et idéal quand nous débutons le jardinage, il vaut mieux se tourner vers un terreau pour plantes d’intérieur.

💡 Si vous êtes prêt-e à faire des mélanges plus complexes, le terreau universel peut éventuellement vous convenir. Pour être honnête, c’est celui que j’utilise le plus souvent, pour une raison très simple : c’est le seul que je trouve sans tourbe dans les jardineries autour de chez moi. Mais je ne l’utilise jamais pur ! Même pas sur mon balcon.

Le terreau pour plantes vertes

Le terreau pour plantes vertes est conçu pour la culture des plantes tropicales en intérieur. Par rapport au terreau universel, il est plus léger et plus drainant, avec un pH légèrement acide (c’est ce que nos plantes préfèrent !).

Pour autant, même ceux de bonne qualité ne sont pas assez drainants à mon goût. Ils manquent de structure et tendent à se tasser assez rapidement avec l’usage. Et plus la qualité du terreau est mauvaise, plus cette dégradation est rapide. 

Un sol qui se tasse, c’est l’eau et l’air qui circulent moins facilement et donc des racines en mauvaise santé, voire mortes. C’est pour cela que je le mélange toujours à de la perlite, un élément drainant et super léger, qui permet de favoriser la circulation de l’eau et de l’air et limite le tassement du terreau.

💡 Le mélange terreau pour plantes vertes et perlite, c’est la base. Si vous ne devez avoir que deux ingrédients pour rempoter vos plantes d’intérieur, ce sont ces deux-là. Les proportions varient selon les besoins des plantes et vos préférences. Vous trouverez les miennes dans les guides d’entretien.

Le terreau pour cactées et plantes succulentes

Vous préférez les Crassula et les Haworthia plutôt que les Philodendron et les Monstera ? Pas de souci, il existe un terreau rien que vous : celui destiné aux cactus et plantes grasses (les plantes succulentes).

C’est un terreau beaucoup plus drainant que le terreau universel, avec le plus souvent un ajout de sable plus ou moins grossier. C’est un terreau qui laisse facilement circuler l’eau et qui sèche rapidement, ce que ces plantes apprécient. Elles détestent quand leur sol est humide trop longtemps.

💡 Le diamètre des éléments drainants varie d’une marque à une autre. Par exemple, celui que je trouve n’a que du sable comme éléments de drainage, ce que je ne trouve pas suffisant. Comme pour le terreau pour plantes vertes, j’y ajoute de la perlite, voire de la pouzzolane de petit calibre pour les grands pots.

Le terreau à semis

Pour les semis et les boutures, je n’utilise pas un terreau universel ou un terreau pour plantes vertes, mais plutôt un terreau pour semis et boutures. Pourquoi ?

D’abord, il est beaucoup plus fin qu’un terreau ordinaire, ce qui le rend plus adapté à la fois aux petits pots et aux fines racines de nos plantules. Elles n’ont pas encore la force de creuser un chemin dans un terreau plus grossier. 

Ensuite, parce qu’il y a nettement moins d’engrais dans les terreaux à semis. Cela évite de brûler chimiquement les nouvelles racines encore fragiles. 

💡 Le terreau à semis peut s’utiliser en général tel quel. J’aime le mélanger avec un peu de perlite (vous commencez à connaître le refrain) et de la vermiculite, pour apporter de la structure, du drainage et une meilleure gestion de l’humidité.

Un tas de terreau universel, où certains morceaux de végétaux se voient encore

Le terreau universel est riche, engraissé et plus ou moins grossier selon sa qualité

Un tas de terreau pour cactées et succulentes

Le terreau pour cactées et succulentes est agrémenté d’éléments drainants (sable…)

Autres bases organiques pour faire son terreau

Les terreaux sont plus ou moins prêts à l’emploi. Mais nous pouvons très bien partir sur une autre base organique pour faire son terreau maison. Fibre de coco, compost mûr, tourbe… chacune a ses particularités, ses avantages et ses contraintes. Prêt-e à découvrir l’incroyable monde des substrats maison ?

La tourbe

La tourbe est l’élément de base des terreaux que nous trouvons dans le commerce. Elle est aussi utilisée seule par une partie des horticulteurs depuis des décennies. Il faut dire qu’elle a beaucoup d’avantages pour la culture des plantes tropicales en pot.

Un substrat traditionnel

La tourbe est un matériau très léger, ce qui laisse les pots faciles à manipuler. Si vous arrosez en transportant vos plantes dans un évier ou une douche, c’est un détail important. Elle possède une grande capacité d’absorption d’eau, qui permet de maintenir les racines dans un milieu humide sur une durée de temps conséquente, y compris en été. 

Enfin, elle possède un pH légèrement acide, en particulier la tourbe blonde, plus légère. La tourbe noire et plus lourde et plus riche.  C’est pourquoi elles sont souvent utilisées en mélange, pour avoir les avantages des deux.

Une ressource rare et limitée

Cependant, la tourbe présente deux inconvénients non négligeables. Tout d’abord, la tourbe ne contient pas d’éléments nutritifs pour nos plantes. Si nous l’utilisons pures et n’apportons pas d’engrais, nos plantes vont se retrouver au régime et rapidement faire des carences. Adieu grandes feuilles, couleurs intenses et croissance. 

Deuxième inconvénient et le plus important : l’impact écologique de la tourbe est très important. Pendant très longtemps, nous avons exploité la tourbe comme combustible, pis pour d’autres usages dont l’horticulture.  Le souci, c’est qu’il faut des millénaires pour transformer la matière organique morte en tourbe ! Aujourd’hui, les tourbières survivantes en Europe sont protégées : ce sont des milieux fragiles et rares, avec des écosystèmes très intéressants. C’est, après tout, là où poussent une partie des plantes carnivores !

La tourbe que nous trouvons dans nos terreaux ou directement en sac est une ressource non renouvelable (du moins à court ou moyen terme). Elle est récoltée – toute comme la sphaigne – en Asie ou en Amérique latine, où les considérations écologiques (et les conditions de travail) ne sont pas aussi respectueuses et éthiques qu’elles le mériteraient. 

💡 C’est pourquoi j’utilise un terreau universel sans tourbe, mais aussi que j’ai développé une curiosité particulière sur les substrats et comment faire mes propres terreaux. De cette manière, je peux éviter, autant que possible, d’utiliser cette ressource.

La fibre de coco

Une alternative à la tourbe

La fibre de coco, c’est l’alternative à la tourbe qu’a développé l’industrie horticole. Aujourd’hui, quand vous achetez une plante à la jardinerie, il y a de fortes chances qu’elle soit installée dans de la fibre de coco broyée, qu’on appelle aussi tourbe de coco. 

La fibre de coco est un sous-produit de l’industrie de la noix de coco. Il s’agit des longues fibres qui constituent la partie extérieure de la noix de coco, qui sont plus ou moins broyées. Cette coque peut aussi être utilisée sous forme d’éclats, les “chips” de coco, mais elles jouent plutôt un rôle d’éléments drainants. 

La fibre de coco présente à peu près les mêmes caractéristiques que la tourbe : elle est légère et légèrement acide tout en présentant une bonne rétention de l’eau. Elle possède aussi le même défaut : une absence quasi totale de nutriments disponibles pour nos plantes. Il est donc indispensable de la mélanger à d’autres éléments ou d’apporter des engrais de manière régulière toute l’année.

Prometteuse, mais pas parfaite

Évidemment, son empreinte écologique n’est pas non plus négligeable, puisqu’elle vient des tropiques. Mais il s’agit d’une ressource renouvelable sur le court terme et d’un produit sinon rejeté par l’industrie de la coco comme un déchet. 

💡 La tourbe de coco peut être un peu délicate à trouver dans le commerce, au-delà des boutiques en ligne ou spécialisées. Cependant, j’ai fini par trouver un filon ! J’achète la mienne en animalerie, où elle sert de litière pour les terrariums.

De cette manière, je suis certaine qu’elle a été bien rincée à l’eau douce (et non à l’eau de mer) et stérilisée, ce qui limite les risques de contamination. Elle se vend sous forme de pain compacté auquel il faut apporter un certain volume d’eau. Elle va vite retrouver sa forme et sa consistance. C’est mon étape préférée.

Le compost

Que vous habitiez en ville ou à la campagne, je suis certaine que ce mot et ce concept ne vous sont pas inconnus. Après tout, depuis l’année dernière, nous sommes censé-e-s recycler nos déchets organiques dans un composteur.

En complément plutôt que seul

Car oui, le compost, c’est ça : des déchets organiques, le plus souvent végétaux, qui sont décomposés par des microorganismes. Un procédé très naturel puisque l’humus des forêts, le sol des forêts, est fabriqué de cette manière. 

Le compost est une base structurante très riche sur le point nutritif, en particulier si du fumier a servi à sa fabrication. Il est même parfois trop riche pour être utilisé pur pour nos plantes d’intérieur sans risque pour les racines. 

💡 C’est pourquoi je préfère utiliser le compost comme complément plutôt que comme base quand je fais mes terreaux. Le compost constitue entre 5 et 20 % de mon mélange selon la plante à qui il est destiné.

💡 Sa grande richesse nutritive permet aussi de rebooster un terreau un peu fatigué en le mélangeant ou en le répandant en surface, pour remplacer un apport d’engrais. 

La différence avec le vermicompost ?

Il existe plusieurs types de compost, que ce soit dans leur composition (le compost de fumier est très puissant par exemple et doit être utilisé avec parcimonie) ou dans leur mode de fabrication. Le lombricompost est assez à la mode ces dernières années, avec le développement des lombricomposteurs et même de fermes à lombricompost.

💡 Je le préfère, car il est plus riche et les lombrics lui donnent aussi une capacité à restructurer le sol assez intéressante. Mais il n’est pas toujours facile d’en trouver.

💡 Seul bémol : si vous voulez bénéficier de tous les bienfaits du compost, il faut faire attention à l’activité microbienne de votre sol. Le compost possède toute une microfaune qui travaille sans relâche pour vous en transformant la matière organique en toutes petites particules assimilables par les racines. Mais elle est très sensible, notamment au chlore présent dans l’eau du robinet.

Un tas de tourbe de coco, une alternative à la tourbe naturelle

Alternative à la tourbe, la fibre de coco est une bonne base pour faire son terreau

Un tas de compost dont la maturité n'est pas tout à fait terminé

Il vaut mieux utiliser le compost comme complément plutôt que comme base, au risque de brûler les racines

Les bases organiques pour faire son terreau

Vous connaissez maintenant les principales bases organiques pour faire vos substrats : les terreaux disponibles dans le commerce, qu’il vaut mieux mélanger à un peu de perlite ; et les autres bases : tourbe, fibres de coco, compost.

Si vous débutez dans le monde des plantes d’intérieur et du jardinage, partez sur quelque chose de simple. Un terreau pour plantes vertes de bonne qualité et de la perlite suffisent pour une grande partie de nos plantes vertes, surtout les plus résistantes. 

💡 De mon côté, je pars généralement sur une base mixte : 45 % de terreau universel sans tourbe + 45 % de tourbe de coco + 10 % de compost bien mûr. J’y ajoute ensuite des éléments drainants de différents diamètres pour assurer le drainage et la structure de mon substrat. Ils peuvent d’origine minérale ou organique. On en parle dans le deuxième article de cette série. 

Vous avez des questions ? Laissez-les dans les commentaires ou contactez-moi directement. Je vous aiderai avec plaisir. Sinon, à vos terreaux ! La saison du rempotage a déjà démarré. 

Bon jardinage et profitez bien de vos plantes.

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