Comme dans beaucoup de domaines, il existe de nombreux mythes dans le monde des plantes d’intérieur. Que ce soit par méconnaissance ou – le plus souvent – pour des raisons purement commerciales, ces idées reçues sont tenaces. Il y en a trois qui sont revenues récemment sur mon feed Instagram et qu’il est grand temps de debunker en 2026.
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ToggleLes plantes d’intérieur dépolluent notre air
Elle a fait couler de l’encre, cette notion de plante dépolluante ! Depuis plus d’une décennie, on a écrit des dizaines, voire des centaines d’articles et de livres sur des plantes capables de purifier l’air de nos intérieurs et de nous sauver de problèmes respiratoires, de peau, etc. Certaines jardineries s’en servent d’ailleurs comme argument de vente pour nous convaincre d’adopter une Sansevieria ou un Spathiphyllum (souvent plus cher que nécessaire).
Après tout, une solution à un potentiel problème à un prix abordable et qui ne demande qu’un tout petit peu d’entretien, ça tente n’importe qui, non ?
La fameuse étude qui a tout commencé
En tout cas, ça tente celles et ceux qui n’ont pas lu l’étude qui a conduit à ce phénomène, ou même une version résumée de ladite étude ou celle qui ont suivi. En 1989, la NASA (rien que ça !) a publié un rapport sur une vaste étude de contrôle de la qualité de l’air en milieu confiné avec des plantes en pot. Les résultats annoncés semblent exceptionnels avec, par exemple, une réduction de – 56% du formaldéhyde (un polluant atmosphérique que l’on retrouve dans nos intérieurs) en 24h.
Magique ? Mouais, ne criez pas victoire trop vite.
En réalité, l’expérience a été faite dans de toutes petites boîtes aux conditions contrôlées, avec juste une “dose” de polluant. Nous vivons dans des espaces beaucoup, beaucoup plus vastes et la source de ces polluants étant souvent nos murs et nos sols, la pollution de notre air se fait en continu (à moins de régler le problème à la source).
Et les conditions de vie de nos plantes varient, ne serait-ce qu’en fonction des saisons. Elles ne captent pas les polluants au même rythme selon les conditions. La dépollution n’est donc jamais régulière.
Un faux argument de vente
En un mot, cette étude n’est absolument pas applicable à la vraie vie. Oui, certaines plantes ont la capacité d’absorber certains polluants dans leurs tissus et de les stocker, évitant ainsi qu’ils restent dans l’air. C’est le principe même du “puits de carbone” : nos forêts stockent une partie du CO2 relâché dans l’atmosphère par les activités humaines.
Mais même en remplissant chaque centimètre carré de nos maisons de plantes dépolluantes, notre air n’en sera pas pur pour autant. Laissez tomber cet argument factice et adoptez les plantes qui vous plaisent et qui sont adaptées à votre intérieur. C’est la meilleure solution pour avoir une plante et un-e jardinier-ère heureux-ses.
Et n’oubliez pas de ventiler régulièrement votre intérieur, puisque c’est l’unique solution pour évacuer les polluants atmosphériques.
Même avoir des centaines des plantes vertes ne suffiraient pas à dépolluer notre atmosphère
Avoir des plantes vertes dans la chambre est dangereux
Pour le coup, je ne sais pas d’où vient ce mythe. Mais s’il était vrai, je serais morte depuis très très longtemps. Dans l’appartement, j’avais plus de 150 plantes d’intérieur dans ma chambre !
Respirer ou étouffer ?
Reprenons les bases. Ce qui fait craindre la présence de plantes vertes dans les chambres, c’est le fait que, la nuit, les plantes absorbent du dioxygène (O2) et relâchent du dioxyde de carbone (CO2). Comme n’importe quel humain ou animal de compagnie en fait. Alors, est-ce que les plantes nous volent notre O2 au risque de nous étouffer ?
Certainement pas, et j’ai plusieurs arguments pour vous le prouver.
Premièrement, vous ne dormez pas dans un caisson hermétique. Du moins normalement. Donc il y a toujours des échanges d’air entre l’intérieur et l’extérieur de la chambre qui renouvellent la quantité d’O2 dans la chambre. Votre réserve est constamment renouvelée
Ensuite, les plantes produisent plus d’O2 le jour qu’elles n’en consomment la nuit. C’est bien pour cela qu’on surnomme les forêts “les poumons verts”. Même si votre chambre était parfaitement hermétique, il y aurait plus d’O2 que vous en auriez besoin.
Enfin, une plante consomme nettement moins d’O2 la nuit qu’un chien ou un chat, en encore moins qu’un humain. Alors si vous partagez votre chambre avec votre partenaire ou votre chat, c’est pas un Ficus devant la fenêtre qui va vous mettre en danger. Promis !
Avoir ou ne pas avoir de plantes ?
En réalité, avoir des plantes d’inétrieur dans une chambre n’est pas dangereux, sauf peut-être en cas d’allergie. C’est même plutôt une source de nombreux bienfaits, à commencer par une diminution du stress et une augmenter de l’humidité ambiante, bénéfique pour les bronches.
Mais si vraiment, ça vous inquiète, j’ai deux solutions. Soit vous n’installez pas de plantes vertes dans la chambre (votre chambre, votre choix).
Soit vous adoptez une plante qui rejette de l’O2 la nuit ! Parce que ça existe : les Sansevieria, certaines orchidées et fougères… Je peux fouiller la question et vous préparer une petite sélection si ça vous intéresse.
J’ai partagé ma chambre avec plus d’une centaine de plantes d’intérieur pendant des années sans souci
Toutes les plantes sont cultivables en intérieur
Régulièrement, je vois dans le rayon des plantes d’intérieur des lierres, des rosiers miniatures, des cyclamens ou encore des gerbera. Et non. Non, non non ! Ce ne sont pas des plantes d’intérieur mais bien des plantes d’extérieur sous nos latitudes.
Je m’explique. Nos plantes d’intérieur sont des plantes tropicales, qui retrouvent des conditions de vie similaires à leur milieu naturel dans notre salon (avec quelques concessions).
Le lierre et les rosiers sont des plantes qui poussent naturellement dans nos jardins. Elles ne retrouvent pas des conditions de vie similaire dans nos intérieurs, que ce soit au niveau de la lumière ou, plus important, du passage des saisons.
Car oui, pour ces plantes, la succession des saisons est indispensable à la vie sur le long terme. L’hiver en particulier est indispensable pour une floraison et une fructification. Ce qui laisse présager une véritable mutation des vergers dans les années à venir avec le changement climatique, mais ce n’est pas le sujet aujourd’hui.
Vous pouvez rentrer ces plantes quelques jours pour profiter de leur floraison. Bien sûr. Je suis la première à le faire avec les Amaryllis (qui normalement vivent dehors et fleurissent en été, qu’importe ce que l’on voit en jardinerie à Noël). Mais il faudra les réinstaller dehors par la suite, en faisant les choses de manière progressive si les températures ou l’exposition sont vraiment différentes.
Trois mythes sur les plantes vertes en moins
Les plantes vertes sont le sujet de nombreux mythes et idées reçues. Mais avec ce petit ménage de printemps,, vous savez désormais :
- que les plantes dépolluent l’air, mais pas au point de ne plus ventiler régulièrement votre intérieur ;
- qu’elles ne sont absolument pas dangereuses pour vous dans votre chambre ;
- que toutes les plantes ne sont pas cultivables en intérieur.
J’espère que ces explications vous permettent de mieux comprendre vos plantes vertes. Si vous avez des questions, ou s’il y a des idées reçues sur les plantes sur lesquelles vous souhaitez que je fasse la lumière, n’hésitez pas à m’en parler dans les commentaires, ici ou directement sur Instagram.
Bon jardinage et prenez soin de vos plantes !
