L’une des méthodes les plus utilisées pour multiplier les Monstera deliciosa est le marcottage. C’est une technique que l’on peut utiliser sur de nombreuses plantes, tant les lianes comme la Monstera ou les Philodendron, que sur les arbres comme les Ficus. Puisque je suis dans l’obligation de couper ma grande Monstera deliciosa (les aléas des déménagements), j’en ai profité pour vous faire un petit tutoriel de cette méthode bien particulière et plutôt facile à réaliser à la maison.
Au sommaire dans cet article
ToggleQu’est-ce que le marcottage ?
Le marcottage est une méthode de multiplication végétative, c’est-à-dire qu’elle n’utilise pas la floraison et la fructification. Elle se base sur la capacité qu’ont de nombreuses plantes à créer de nouvelles racines et de nouvelles tiges à partir des nœuds, à l’aisselle des feuilles.
Le marcottage est inspiré des stolons, dans la nature. Il s’agit d’installer un substrat et de bonnes conditions (chaleur et humidité) au niveau d’un nœud, sur une tige ou une branche. Lorsque des racines se sont formées dans ce substrat, alors il est temps de séparer la branche (la partie au-dessus du nœud enraciné) de la plante mère et de s’en occuper comme on le ferait avec une bouture.
Cette méthode est plutôt utilisée sur les plantes pour lesquelles le bouturage est délicat. En effet, elle permet à la future marcotte de créer des racines sans pomper dans ses réserves puisqu’elle est rattachée à la plante-mère.
Il existe deux type de marcottage. Le marcottage au sol, où l’on guide le nœud à la surface d’un pot rempli de substrat. Et le marcottage aérien, où l’on installe une “papillote” de substrat sur une branche. C’est la seconde méthode que j’ai utilisé ici.
Multiplier une Monstera deliciosa par marcottage
Le marcottage aérien d’une Monstera deliciosa se réalise en deux phases : l’installation de la papillote, puis la séparation de la bouture du pied-mère et son empotage. Il vaut mieux privilégier la période de croissance pour réaliser un marcottage, généralement au printemps ou en été.
J’ai pour ma part commencé le marcottage au mois de juillet, lorsque j’étais certaine de mon futur déménagement. Et comme j’ai un peu procrastiné pour la seconde phase (j’aime pas couper mes plantes !), les marcottes ont été séparées du plant-mère et mises en terre en septembre.
Première phase : mise en place de la papillote
Matériel
Pour la première phase :
- un matériau souple et imperméable pour faire la papillote : le film alimentaire fait très bien l’affaire par exemple, ou un sac plastique. J’ai utilisé des sacs congélation ici. Il existe aussi des boules de marcottage : des systèmes en plastique opaque qui se clipsent sur les branches. Mais le système D film/sac fonctionne très bien lorsqu’on marcotte de manière occasionnelle ;
- de la ficelle pour attacher et fermer les papillotes ;
- le substrat de notre choix : j’ai utilisé ici, par simplicité, de la sphaigne réhydratée récupérée, mais il est possible d’utiliser un terreau pour semis, de la tourbe de coco, etc.
Étape 1 : choisir son nœud
Comme les racines ne peuvent provenir que d’un nœud, il faut le choisir correctement. Pour ma Monstera deliciosa, la tige concernée était déjà choisie : la plus imposante, puisque c’est elle qui m’empêche de sortir la plante de la pièce.
Quand on vous dit de faire attention aux dimensions adultes des plantes que vous adoptez, c’est justement pour éviter ce genre de situation…
Une fois que la tige est choisie, j’ai choisi de marcotter au niveau du deuxième nœud en partant de la tête. Cela me permet d’avoir au moins deux feuilles sur la future bouture. Et comme je dois couper un peu plus, j’ai décidé de faire une seconde papillote, deux à trois nœuds plus bas.
💡 Choisir de marcotter (ou bouturer) tous les deux ou trois nœuds permet d’avoir un ou deux nœuds de secours en cas d’accident (pourriture, avortement des bourgeons…).
Étape 2 : installer et remplir la papillote
Une fois le nœud choisi, j’attache le bas de ma papillote sous le nœud, de manière que l’enveloppe plastique puisse venir entourer le nœud qui m’intéresse.
Puis, en soutenant ma papillote, j’installe de la sphaigne tout autour de la tige, au niveau du nœud. La couche doit être suffisamment épaisse pour conserver son humidité et permettre le développement des futures racines.
💡 Dans le cas où vous utilisez un autre substrat que la sphaigne, évitez le film alimentaire. La création de la papillote pourrait être un peu… acrobatique dirons-nous.
Étape 3 : refermer la papillote
Quand nous avons installé une bonne couche de substrat, on referme la papillote. C’est une étape importante, car notre substrat doit rester humide (mais pas détrempé) pendant plusieurs semaines sans intervention. D’où l’utilisation d’une papillote en plastique, car ce matériau est imperméable.
Une fois que tout est bien fermé, on répète l’opération sur d’autres nœuds si nous souhaitons faire plusieurs marcottages en même temps. Puis, il faut laisser faire le temps (et la plante).
Seconde phase : séparation des marcottes
Au bout de plusieurs semaines, les racines ont fait leur apparition. Pour être honnête, ça a été beaucoup plus rapide que je le pensais. En à peine un mois, les premières racines étaient visibles. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle je n’utilise pas de boules à marcotter. Le sac plastique ou le film alimentaire permettent de voir ce qu’il se passe.
Quand les racines secondaires apparaissent, il est temps de retrousser nos manches et de passer à la phase deux : la découpe des marcottes.
Matériel
- un sécateur ou un coupe-branche pour les grosses plantes, avec des lames désinfectées (l’alcool à désinfecter convient parfaitement) et bien aiguisées ;
- un terreau adapté pour des boutures de Monstera deliciosa. J’ai utilisé mon mélange pour Aracées, en remplaçant le terreau pour plantes vertes par un terreau pour semis. Il est moins chargé en engrais et donc moins agressif pour les jeunes racines. Mais un mélange terreau à semis et perlite (20 %) convient parfaitement ;
- un pot (ou plusieurs si vous avez plusieurs marcottes). Attention à ne pas les choisir trop grands, car le système racinaire est encore peu développé. Il sera toujours temps de rempoter plus tard, quand les racines se seront développées.
💡 Il est tout à fait possible d’empoter vos marcottes en sphaigne ou en tourbe de coco le temps qu’elles développent un système racinaire plus imposant. C’est vous qui choisissez selon vos préférences. Je préfère la culture en mélange à base de terreau, donc je bascule à ce moment-là.
Étape 1 : couper des marcottes
Maintenant que les racines sont apparues, il est temps de séparer les marcottes de leur maman. Pour cela, j’ai ouvert la première papillote, afin de couper correctement entre le nœud raciné et le nœud précédent. Si vous n’avez qu’une seule papillote, vous pouvez tout à fait couper un nœud plus bas, sans ouvrir la papillote sur place.
L’objectif est de faire une coupe propre et nette, si possible d’un seul coup, pour faciliter la cicatrisation. D’où l’importance d’un outil bien aiguisé et à la bonne taille. Ma Monstera deliciosa était par exemple trop imposante pour mon sécateur. Il aurait fallu que je m’y reprenne à plusieurs fois, ce qui aurait créé une plaie irrégulière, favorisant un risque de pourriture. J’ai donc dégainé la grosse artillerie : le coupe-branche.
💡 Si vous marcottez une plante déjà bien installée, comme ici, il n’est pas impossible que vous deviez aussi couper les racines aériennes si elles vous empêchent de détacher ou empoter la marcotte.
Etape 2 : empoter les marcottes
L’empotage, c’est la première mise en terre d’une bouture ou, dans notre cas, d’une marcotte.
Si vous passez, comme moi, d’un substrat à un autre (ici de la sphaigne au mélange pour Aracées), la première chose à faire est de retirer délicatement le substrat de la papillote. Je dois être honnête, je déteste cette étape, car il faut être délicat-e et patient-e pour éviter d’abîmer les racines.
De toute manière, tu n’aimes pas cultiver en sphaigne, même si elle a beaucoup d’avantages.
Une fois l’ancien substrat retiré, j’ai laissé les marcottes à l’air libre pendant quelques heures. L’objectif est de laisser sécher les plaies avant de les mettre sous terre. Cela réduit le risque de pourriture.
Quand les plaies sont sèches au toucher, il est temps de les empoter comme on le ferait avec une bouture. J’essaie de laisser le nœud du haut au-dessus du niveau du terreau pour faciliter la reprise d’une nouvelle tige, mais ce n’est pas toujours évident selon la forme de nos marcottes.
Il ne reste plus qu’à installer nos marcottes dans un endroit chaud et lumineux, et de les arroser généreusement. L’entretien se fait comme des boutures classiques de Monstera deliciosa.
💡 Nos marcottes ne vont pas forcément faire une nouvelle tige tout de suite, car elles vont d’abord donner la priorité à leurs racines. C’est un peu comme une maison, il faut d’abord construire les fondations. Il faudra donc faire bien faire attention à l’arrosage, pour ne pas les noyer au début.
Allez-vous tentez de multiplier votre Monstera deliciosa ?
L’une des manières les plus faciles de multiplier la Monstera deliciosa, surtout pour les gros spécimens, est le marcottage aérien. C’est une technique très utilisée en horticulture qui assure un enracinement facile des marcottes.
C’est une méthode en deux phases, qui demande un peu d’organisation, mais qui reste simple à mettre en place à la maison. Le plus délicat est la réalisation de la papillote selon le substrat choisi. Mais en quelques semaines, deux mois tout au plus en été, vous devriez avoir de nouvelles Monstera deliciosa dans votre jungle !
Si vous avez encore des questions, n’hésitez pas à les laisser dans les commentaires ou me contacter directement ici ou sur Instagram. Je vous aiderai avec plaisir. Sinon, tous les conseils d’entretien de la Monstera deliciosa sont disponibles dans le guide ou dans la FAQ associée
Bon jardinage et profitons bien de nos plantes !
