Bien connaître la lumière disponible permet de choisir des plantes vertes adaptées à chez-nous

Lumière et plantes vertes : comment bien choisir ?

Il y a quelques années, on m’a offert un Anthurium des fleuristes. Je commençais à peine à m’intéresser à la culture des plantes tropicales en intérieur, je devais en avoir 2 ou 3 dans mon salon, c’est tout. J’ai rapidement perdu cet Anthurium et il m’a fallu un moment pour comprendre qu’il n’avait, simplement, pas assez de lumière pour survivre. 

Aujourd’hui, quand je recommande une plante d’intérieur pour quelqu’un, je m’intéresse toujours en premier à la lumière disponible pour la future plante. C’est, après tout, la base :  pas de lumière, pas de plante.

Dans ce deuxième épisode du carnet du jardinier spécial lumièreje vous propose d’apprendre à mieux connaître la lumière disponible pour vos plantes. D’ailleurs, si cette série vous intéresse, pensez à vous abonner à la newsletter pour ne pas rater le prochain épisode. 

Bien connaître la lumière disponible permet de choisir des plantes vertes adaptées à chez-nous

La première chose à faire est de se concentrer sur un emplacement précis. Chaque pièce bénéficie d’une lumière différente, mais il y a aussi différentes expositions dans une seule pièce. Il est plus facile, surtout au début, de choisir un seul endroit (pour l’instant). 

Prenons celui où vous vous êtes dit : “Tiens, je mettrais bien une plante ici.” Disons, pour faire un exemple, le petit meuble sous la fenêtre de notre salon. Vous êtes prêt-e ?

Faut-il des outils pour connaître notre exposition ?

Pour connaître la lumière à notre disposition, beaucoup s’attendent à devoir dédaigner un luxmètre, un outil pour mesure l’intensité de la lumière. Pour être honnête, je n’en ai jamais utilisé en dehors de mes cours de physique au collège. 

Un bon luxmètre a un certain coût dans lequel je n’ai jamais investi. Et les applications sur nos smartphones ne sont pas fiables du tout. 

Personnellement, j’utilise simplement du bon sens et de l’observation. C’est moins précis, certes. Mais comme de toute manière, la luminosité évolue en fonction de la météo, de l’heure et de la saison, il faudrait la mesurer constamment…

Mes seuls outils sont un peu d’attention, un carnet pour ne rien oublier et, éventuellement, une boussole. Celle de notre smartphone fait parfaitement l’affaire tant que le téléphone reste bien à plat.

Qui a dit qu’il fallait beaucoup de matériel pour prendre soin de nous ? On est pas si compliqué à comprendre pourtant. 

2e étape : est-ce que cet endroit reçoit du soleil ?

Il existe de nombreux facteurs qui influencent sur la lumière reçue par un point de notre intérieur.  L’orientation de la fenêtre, ses dimensions, la distance par rapport à la fenêtre, la présence d’éléments filtrant devant la fenêtre… 

Mais concrètement, ce qui compte, c’est de savoir si l’emplacement que vous choisi reçoit du soleil dans la journée, quand et combien, et s’il est lumineux en l’absence de soleil.

Soleil direct…

Imaginons que l’endroit que nous allons étudier est une console sous la fenêtre de mon bureau. Celle-ci, plein est, donne sur mon balcon. La console est au soleil le matin, lorsque le soleil passe au-dessus du bâtiment d’en face jusqu’à ce qu’il passe au-dessus du toit du balcon. En été, ça correspond à du soleil direct de 8h à 10-11h, de 9h à 12h en plein hiver, soit environs 3h. 

Si on considère plutôt les plantagères de ma chambre, perpendiculaires à la baie vitrée et faisant face à l’ouest. Elles reçoivent du soleil direct à partir 15 h en été et 16h en hiver, et ce jusqu’au coucher du soleil, ce qui correspond à 3 à 7h de soleil.  

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de lumière lorsque le soleil ne donne pas directement sur ces emplacements. Elle sera cependant moins importante : c’est ce qu’on appelle la lumière indirecte.

Le soleil du matin est le plus doux

Soleil du matin sur la console du bureau (est). C’est une lumière douce, que toutes les plantes supportent sans souci.

Un soleil un peu plus intense, mais que la plupart de nos plantes supportent aussi. 

Soleil du soir sur la plantagère de la chambre (ouest). Un soleil un peu plus intense, mais que la plupart de nos plantes supportent aussi. 

… et lumière indirecte

La lumière indirecte, c’est un peu le Graal des plantes d’intérieur, si on en croit du moins les étiquettes en jardinerie. Une place très lumineuse, mais sans soleil direct. Sauf que vous et moi, nous savons que le soleil direct n’est pas un problème pour nos plantes, tant que nous les choisissons correctement. 

Ce qui compte, c’est l’intensité de cette lumière indirecte. C’est là qu’éventuellement, le luxmètre peut être intéressant. Une autre méthode d’estimation pourrait être le test de l’ombre. 

Si vous mettez votre main un peu au-dessus de l’emplacement choisi, ma console de bureau ou la plantagère de la chambre, est-ce que l’ombre de votre main est bien nette ? Ou bien est-elle difficile à distinguer ? Dans le premier cas, l’intensité de la lumière est plus importante que dans le second. 

L’intensité de la lumière dépend de la source de lumière (la fenêtre) mais aussi de la distance. Prenons l’exemple de mes bibliothèques sur lesquelles courent mes pothos. Elles sont situées sur le côté, entre 50 cm et 3 m de la baie vitrée du balcon. Toujours plein est donc. Elles reçoivent peu de soleil direct, juste une heure au tout début de la journée.

La lumière qu’elles reçoivent sur le reste de la journée est assez tamisée, c’est-à-dire que l’intensité est limitée, avec de moins en moins de lumière à mesure qu’on s’éloigne. C’est pour cela qu’il n’y a pas de plante au bout de ma bibliothèque. Elle survivrait difficilement. 

Plus l’emplacement choisi sera éloigné de la fenêtre, moins l’intensité de la lumière sera importante. Cette diminution est assez rapide d’ailleurs, c’est pour cela que l’on recommande généralement de ne pas installer de plantes à plus de 2 m d’une fenêtre.

C’est pas difficile : je veux voir au moins un bout de ciel. 

La règle des 2 m

Je pense personnellement que cette règle des 2 m est plus souple. Plus la fenêtre offre de la lumière, plus les plantes peuvent être loin et vice-versa. 

Une fougère à 2 m d’une fenêtre plein nord ne survivra pas, alors qu’à 2,50 m d’une baie vitrée plein sud ? Aucun souci ! La preuve, au bureau, nous avons une énorme fougère de Boston à 3 bons mètres de la fenêtre (plein ouest) depuis des années. 

Ces distances varient donc avec l’orientation de la fenêtre, mais aussi avec votre localisation. Le soleil est plus intense sur le bassin méditerranéen qu’en Normandie, ce qui laisse une petite marge de manœuvre. 

Ça sera donc à vous de tester, en installant votre plante à un endroit que vous pensez propice et en l’observant. Si elle ne pousse pas ou très peu, il est fort probable qu’elle soit un peu trop loin de la fenêtre. Rapprochez-là, elle vous dira merci.

Plus on s'éloigne de la fenêtre, moins il y a de lumière disponible

Plus on s’éloigne de la fenêtre, moins il y a de lumière disponible.

3e étape : choisir la bonne plante

Maintenant que vous connaissez un peu mieux la lumière à l’emplacement choisi, vous allez pouvoir choisir la plante la plus adaptée à cette exposition. C’est-à-dire une plante qui demande la quantité de lumière dont vous disposez.

Reprenons ma console sous la fenêtre. Avec trois heures de soleil le matin puis une lumière indirecte moyenne, je peux accueillir des Calathea, des fougères ou encore une Asparagus plumosus qui m’a d’ailleurs complètement envahie. Les Syngonium apprécient aussi, de même que les bébés Philodendron, qui demandent un peu moins de lumière que les grands sujets. 

En revanche, il n’y a pas assez de lumière pour, par exemple, un arbre de jade ou un cactus ‘queue de singe’. Ces deux-là préfèrerons la plantagère de la chambre, qui bénéficie de plusieurs heures de soleil en fin de journée et d’une lumière indirecte plus intense le matin, voir carrément un séjour au balcon pendant la belle saison. C’est aussi la place préférée de mes Monstera deliciosa, des Ficus et des grands Philodendron, comme l’Imperial Red ou le Philodendron squamiferum.

Pas assez de lumière

Une plante qui ne reçoit pas assez de lumière ne peut pas réaliser suffisamment de photosynthèse pour se développer correctement. Elle va avoir une croissance ralentie, voire carrément arrêtée. Elle va faire de petites feuilles, un peu décolorées, sans contraste. La misère pourpre, par exemple, redevient verte lorsqu’elle n’a pas assez de lumière. Petit à petit, la plante va puiser dans ses réserves pour compenser et finir par mourir à petit feu.

Si ces symptômes vous sont familiers, pas d’inquiétude. Il suffit de rapprocher votre plante de la fenêtre. Ça peut demander de faire un peu un Tetris géant dans l’appartement, je l’accorde. Mais une meilleure exposition devrait rebooster votre plante. Si vous intervenez assez tôt, la reprise est très rapide.

Trop de lumière

Vos plantes peuvent aussi recevoir trop de lumière ! C’est tout à fait possible, et ça se traduit, dans un premier temps, par des feuilles qui se décolorent progressivement, passant du vert à un jaune-vert presque blanc. Généralement, la croissance de la plante est aussi ralentie, puisque cette décoloration correspond aussi à une perte de chlorophylle et donc une perte de photosynthèse. Dans ce cas, reculez un peu votre plante par rapport à la fenêtre. 30-50 cm suffisent.

Fait un peu attention à mon feuillage, tu veux ? Personne n’a encore inventé la crème solaire pour les plantes…

Cette surexposition peut être saisonnière. Votre plante, qui se plaisait très bien à un endroit durant l’hiver, va être surexposée en été. C’est tout à fait normal et l’une des raisons pour laquelle je fais un Tetris géant au printemps et à l’automne, au moment de sortir ou de rentrer une partie de mes plantes exotiques du balcon.

Trop de soleil peut entraîner une décoloration des feuilles, voire des brulûres

Début de surexposition d’un Philodendron avec l’arrivée du printemps.

Un manque de lumière ralentit la croissance des plantes vertes

Manque de lumière récurrent pour cette fougère ‘Blue Star’ qui est bien moins fournie qu’elle ne devrait l’être.

Bien connaître sa lumière et ses plantes vertes

Avoir une jungle en bonne santé n’est pas une affaire de don. Chacune et chacun d’entre nous a la main verte. Promis ! Il faut simplement choisir les plantes qui sont adaptées à notre chez-nous et à notre manière de jardiner.

Ça commence par mieux connaître la lumière que nous pouvons offrir à chacune de nos plantes. Vous n’avez pas besoin d’investir dans des instruments de mesure ou suivre une méthodologie compliquée. 

Non, il suffit de prendre le temps d’observer. D’abord la lumière, comme elle évolue dans votre intérieur, notamment à l’endroit où vous voulez installer votre plante. Mais aussi la plante elle-même, une fois installée, pour pouvoir ajuster sa position si besoin.

J’espère que cette histoire de lumière devient un peu plus claire pour vous. Si vous avez la moindre question, les commentaires et la messagerie du compte Instagram vous sont ouverts. Je vous aiderai avec plaisir.

Bon jardinage et profitons bien de nos plantes !

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