L'arrosage des plantes vertes est à la fois plus complexe et plus simple qu'on le pense

5 idées reçues sur l’arrosage des plantes vertes

J’ai repris le travail cette semaine (adieu jolies vacances !) et je dois avouer que j’ai croisé des plantes qui faisaient la tête dans nos locaux. Feuilles pendantes, molles ou jaunies, chute massive de feuilles… On a certes déménagé pendant mon absence, mais il y a surtout eu un souci évident dans l’arrosage des plantes vertes. 

“J’ai pas osé arroser tes plantes, j’avais peur de les noyer”. 

“Je l’ai arrosé tous les deux jours, juste un petit peu”. 

Ça vous parle ? Alors c’est parti pour démonter quelques idées reçues, pour que l’arrosage devienne plus simple pour vous (et pour mes collègues sympas qui s’occupent de mes plantes quand je suis en congé).

L'arrosage des plantes vertes est à la fois plus complexe et plus simple qu'on le pense

On dit souvent que le sur-arrosage est la première cause de mortalité des plantes d’intérieur. Par précaution, on donne juste un peu d’eau à notre plante en se disant que si on donne un peu, tous les jours ou les deux jours, on ne va pas causer un sur-arrosage.

Ça paraît logique… et c’est tout le contraire de ce qu’il faut faire. 

Ne vous en voulez pas, on passe tou-te-s par cette étape. 

Le sur-arrosage ne vient pas de la quantité d’eau apportée lors d’un arrosage. Pour être honnête, j’ai même tendance à noyer mes succulentes dans un grand seau d’eau en été, pendant 15-30 min. On est loin de la petite quantité d’eau, n’est-ce pas ? Et pourtant, elles se portent à merveille.

Floraison d'un cactus Queue de Singe

Floraison d’un cactus queue de singe (Cleistocactus sp.)

L'arrosage doit toujours être généreux, y compris pour les succulentes

L’arrosage des plantes vertes doit toujours être généreux, y compris pour les succulentes

Le secret réside dans la fréquence, c’est-à-dire le temps entre deux arrosages. Elle dépend des besoins de notre plante et la seule manière de la connaître, c’est de tester régulièrement le sol.

Pour reprendre l’exemple de mes succulentes, en été, j’attends que le sol soit sec au moins sur la moitié supérieure du pot (et ma méthode d’arrosage n’est possible que parce que j’ai un substrat très drainant, des pots percés et beaucoup de lumière).

En réalité, l’arrosage des plantes vertes doit toujours être généreux, jusqu’à ce que l’eau sorte du pot par les trous de drainage. La seule fois où il faut faire attention à la quantité d’eau, c’est justement quand il n’y a pas de trou de drainage. Les risques de noyade sont bien plus importants ! C’est pour cela que je vous déconseille d’installer vos plantes vertes dans des récipients non percés. 

Les plantes aiment garder un sol humide tout le temps

Même si nos plantes d’intérieur préférées viennent des forêts tropicales humides, elles n’aiment pas plus que vous rester les pieds dans l’eau. En réalité, elles aiment quand le sol sèche légèrement entre deux arrosages, avec des préférences différentes selon les plantes. Tester le sol de nos plantes avant un arrosage permet de repérer le bon moment.  

💡 Sol humide ne veut pas dire sol détrempé ! Un sol gorgé d’eau est mauvais, voire mortel, pour nos plantes d’intérieur. Les racines ont besoin de respirer, et si l’eau sature le sol constamment, il n’y a plus d’air disponible. Les racines meurent par asphyxie puis finissent par pourrir. D’où l’importance d’avoir un trou de drainage pour évacuer le surplus d’eau et de laisser sécher partiellement le sol entre deux arrosages.

Un oya remplace un arrosage

Les oyas sont des objets creux en terre cuite qui, plantés ou enfoncés dans la terre, servent de réservoirs d’eau. La terre cuite, poreuse, transmet une quantité d’eau à la terre environnante par capillarité. Ce sont des objets très à la mode ces dernières années, vendus comme une solution miracle contre le gaspillage d’eau et les oublis d’arrosage. 

Pourtant, un oya ne remplacera jamais un vrai arrosage. En effet, la portion de sol qui bénéficie de l’eau de l’oya est relativement petite par rapport à la motte totale. Il y a donc toute une partie des racines qui n’est pas arrosée, ou du pot qui ne sera pas investie par les futures racines. 

Un oya doit servir comme appoint. Je garde les miens dans les pots des plantes qui demandent beaucoup d’eau ou qui ont une fréquence d’arrosage trop courte pour mon mode de vie. 

Mes tomates sur le balcon ont des oyas par exemple, ce qui me permet d’avoir une réserve d’eau et de ne pas arroser tous les jours en cas de canicule. Ma fleur de lune (Spathiphyllum) en a une aussi, parce qu’elle a tout le temps soif, ce qui me permet de ne pas m’occuper d’elle au quotidien.

L'oya, ma solution pour ne pas arroser ma fleur de Lune tous les jours (ou presque).

Un oya sert de réserve pour espacer les arrosages, mais ne les remplace pas.

Tous mes pots potagers sont équipés d'oyas en été, pour faciliter l'arrosage et faire des économies d'eau.

Les oyas à enterrer sont plus efficaces que ceux qui se plantent.

Bassiner nos plantes, c’est les installer dans un récipient plein d’eau pour qu’elles boivent.

Hum… Je ne sais pas pourquoi cette méthode d’arrosage par le bas, que j’appelle parfois le bain, est devenu le bassinage. Alors que ça n’a rien à voir ! 

Le bassinage, c’est un type d’arrosage particulier, qu’on utilise aujourd’hui surtout dans la culture du bonsaï. Il doit son nom à un arrosoir bien particulier, avec un très long bec et une petite pomme d’arrosage : la bassinoire. Elle permet d’arroser toute la plante, feuillage compris, avec une pluie très fine, permettant ainsi de nettoyer et rafraîchir la plante, et d’augmenter ponctuellement l’humidité de l’air. 

Rien à voir donc avec l’arrosage par le bas. Cette méthode est pourtant très efficace quand on a un peu oublié nos plantes et que le sol est plus sec que la normal. L’arrosage des plantes vertes par le bas permet à l’eau de remonter dans le sol par capillarité, réhydratant peu à peu la motte. Attention par contre à bien vider la soucoupe et laisser la plante s’égoutter après 15 à 30 min de bain.

Il ne faut pas arroser les feuilles

Je dirais plutôt que ça va dépendre des plantes et de nos conditions de culture. Certaines plantes, comme les Calathea, adorent avoir de l’eau sur les feuilles. Les Philodendron, dans la grande majorité, s’en fichent totalement. 

En revanche, certaines plantes à feuilles veloutées, comme les pervenches africaines, ne sont pas particulièrement fans et peuvent développer des maladies sur les feuilles, de même que les Begonia. En réalité, c’est surtout un manque de circulation de l’air au niveau des feuilles, très commun dans nos intérieurs. 

💡 Si vous avez des plantes de ce type, privilégiez les arrosages par le bas. Ça évitera les accidents.

Prêt-e pour le prochain arrosage ?

L’arrosage des plantes vertes, ce n’est pas forcément simple, mais ce n’est pas non plus très compliqué. En réalité, il faut faire attention à arroser au moment où nos plantes en ont besoin et en quantités suffisantes. 

J’espère que cet article a répondu à certaines de vos questions. Les bases de l’arrosage sont à retrouver dans les différents articles de cette série et s’il vous reste des interrogations, mettez-les dans les commentaires ! Elles composeront un prochain article.

Bon jardinage et profitez bien de vos plantes ! (Et encore merci à mes super collègues pour avoir déménagé et arrosé mes plantes en mon absence).

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